REUTERS/Lisi Niesner | Le chancelier autrichien sortant Sebastian Kurz (ÖVP) et le dirigeant écologiste Werner Kogler, le 12 novembre dernier en marge de leurs discussions pour une coalition gouvernementale autrichienne.
REUTERS/Lisi Niesner | Le chancelier autrichien sortant Sebastian Kurz (ÖVP) et le dirigeant écologiste Werner Kogler, le 12 novembre dernier en marge de leurs discussions pour une coalition gouvernementale autrichienne.

Plusieurs ONG autrichiennes ont lancé une campagne pour demander le retrait d’une loi que le précèdent gouvernement, alliance des conservateurs et de l’extrême droite, avait fait adopter au sujet du conseil juridique offert aux demandeurs d’asile.


Avec notre correspondante à Vienne, Isaure Hiace

La loi controversée prévoit la mise en place, au 1er janvier prochain, d’une agence fédérale autrichienne qui, à l'avenir, sera notamment chargée du conseil juridique offert aux demandeurs d’asile, en lieu et place des organisations non gouvernementales qui effectuent actuellement ce travail.

Pour les associations, l’équité de la procédure d’asile ne serait alors plus garantie. Ces dernières demandent donc le retrait de cette loi.

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Zekrullah Ghulami est un jeune Afghan de 19 ans. Il vient d’obtenir le statut de réfugié à Vienne, au prix de nombreuses difficultés. Lors de sa démarche, l’aide juridique apportée par les associations a été essentielle, affirme-t-il. Ce serait bien différent, selon lui, si l'État remplaçait les ONG dans cette mission.

"Je trouve très important que les associations s'occupent du conseil juridique et non l’État, qui est celui qui décide qui peut rester et qui ne peut pas", explique-t-il. "Il doit y avoir une opposition, les ONG sont du côté des droits de l'homme."

Les organisations non gouvernementales font campagne pour le retrait de la loi, décidée par le précédent gouvernement, coalition des conservateurs et de l'extrême droite. Les Verts, qui négocient actuellement avec les conservateurs en vue de former un nouveau gouvernement, peuvent changer la donne.

C'est en tout cas l'avis de Christoph Riedl, de l’association Diakonie : "Même la haut-commissaire aux droits de l'homme de l’ONU a mis en garde contre l'expulsion de la société civile de ce domaine. Il y a des lignes rouges sur ces questions, nous espérons que les Verts en tiennent compte dans leurs négociations."

Outre les ONG, plusieurs personnalités culturelles et politiques se sont prononcées contre cette loi, y compris une ancienne ministre de la justice.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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