Un peu plus de 500 personnes ont été évacuées de la Porte d'Aubervilliers, ce jeudi matin. Crédit : Utopia56
Un peu plus de 500 personnes ont été évacuées de la Porte d'Aubervilliers, ce jeudi matin. Crédit : Utopia56

Un peu plus de 500 personnes vivant dans les camps de la porte d’Aubervilliers ont été "mises à l’abri", ce jeudi matin. Les associations déplorent une opération "inefficace" et "sous-dimensionnée" : des centaines de migrants présents ce matin n'ont pas pu être emmenés dans les centres d'urgence, faute de bus suffisants.

Plus de 500 migrants – des familles, des mineurs et des hommes seuls - ont été conduits vers des centres d'accueil ou d'hébergement jeudi 28 novembre, lors d'une opération de mise à l'abri dans un campement de la porte d’Aubervilliers, dans le nord-est de Paris.

L'opération, la soixantième du genre dans la capitale depuis le début de la crise migratoire en 2015 s'est déroulée dans le calme, a précisé Julie, membre de l’association Utopia 56. Cette mise à l’abri intervient trois semaines après l'évacuation d'une partie de ces camps à la Porte de la Chapelle, lors de laquelle 1 600 migrants avaient eu accès à un hébergement d’urgence.

"Plus de 500 personnes, dont 216 vulnérables (des familles ou des femmes seules), ont été emmenées vers des centres d'hébergement dédiés ou des centres d'accueil et d'examen des situations", a indiqué à l'AFP la préfecture de la région Île-de-France.

"On continue à procéder à des mises à l'abri en attendant l'évacuation totale" des campements aux abords du périphérique, a ajouté la préfecture, soulignant par ailleurs que plus de 19 000 personnes "ont été prises en charge" depuis janvier.

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Pour les associations, cette opération était "insuffisante" et "sous-dimensionnée". Elles n’ont compté qu’une dizaine de bus. "Ce matin, près de 1 000 personnes attendaient pour monter dans les bus et être emmenées vers des centres d’accueil. Plus de la moitié sont restés sur le trottoir", déclare Julie, d’Utopia 56. "Et il reste des centaines et des centaines de personnes à la rue".

Surtout, Utopia 56 s’inquiète d’un rapide retour à la rue. "Les personnes évacuées ce matin vont être emmenées dans des CAES. Ce sont des centres où il y a des examens administratifs des migrants. Les déboutés, les dublinés, les sans-papiers sont remis à la rue au bout de quelques jours", continue-t-elle. "Je suis sûre que les 3/4 des gens qui sont montés dans les bus ce matin vont revenir dans les prochains jours dans les campements".

Dans un communiqué inter-associatif, les militants déplorent l’inefficacité des opérations de l’État. "Après 59 évacuations en 4 ans, [nous avons observé] 59 fois, un retour à la rue d’hommes, de femmes et d’enfants".

Les autorités se sont engagées à compléter le démantèlement des camps insalubres du nord-est de Paris dans les prochaines semaines, et éviter toute reformation de ces lieux.


 

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