Capture d'écran France 24
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Aider les migrants sans papiers à reconstruire leur avenir chez eux ? C’est le choix que fait l’État français en proposant aux sans-papiers restant sur le sol français de rentrer chez eux en contrepartie d’une aide financière. En 2016, 4 800 personnes ont pu en bénéficier.

C’est le principe du retour volontaire. Chaque année, des milliers de migrants déboutés du droit d’asile ou d’un titre de séjour restent illégalement sur le sol français. Pour aider ces personnes en situation irrégulière, la France leur propose un coup de pouce financier contre un retour dans le pays d’origine.

En 2016, 4 474 personnes ont bénéficié de l’aide au retour volontaire (ARV) pour un coût total de 6 millions d’euros. Toutes ont reçu de l’argent pour les aider à financer un projet dans leur pays d’origine, un petit pécule pour les aider à reprendre pied. Le choix est parfaitement assumé par l’Office français de l’intégration et de l’immigration (OFII) qui gère le dispositif. "L’aide au retour volontaire a un coût bien inférieur aux reconduites forcées", assure son directeur, Didier Leschi.

Effectivement, selon un rapport sénatorial de 2009, les reconduites forcées reviennent beaucoup plus cher au contribuable : environ 20 000 euros par migrant dans lesquels sont engagés des frais de justice, des frais de prise en charge sanitaire, des frais d’escorte, des frais d’éloignement... Les aides au retour volontaire proposent elles, selon les dossiers, une enveloppe de 650 à 1 000 euros par migrant.

Procédure rigoureusement contrôlée

De nombreux parlementaires français s’accordent sur le bien-fondé de ce dispositif qui mériterait, selon eux, d’être développé. "C’est un dispositif d’avenir", a expliqué Roger Karoutchi, sénateur français. "Il faudra mettre un budget, c’est sûr […] Mais on se rend bien compte des difficultés rencontrées pour faire en sorte que les déboutés du droit d’asile repartent. On se rend bien compte que beaucoup de migrants en situation irrégulière restent […]". Les programmes d’aide au retour sont développés dans d’autres pays européens en Allemagne, en Italie, en Espagne ou encore en Grèce.

Une partie de la droite et l’extrême-droite dénoncent un appel d’air qui inciterait les migrants à venir en France pour bénéficier de cette enveloppe. L’argument ne tient pas. Selon de nombreux témoignages de migrants, le coût d’un trajet pour l’Europe, difficile à chiffrer, avoisinerait les 2 500 euros – voire plus, quand le passeur ne tient pas ses engagements. Le trajet pour venir en France reviendrait donc, dans la majorité des cas, plus cher que l’aide au retour.

D’autre part, la procédure est rigoureusement contrôlée. L'aide n'est versée que si l'étranger quitte effectivement le territoire français. Le versement de la somme, remise via un agent de l’OFII, n'intervient donc qu'au moment du départ, à l’aéroport. Parfois, l’argent est remis en liquide, parfois il est directement investi dans du matériel pour un projet professionnel.  Une fois reparti, le migrant reçoit des visites annuelles d’agents français chargés de contrôler les investissements de l’État français.




 

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