Le campement de migrants dit "de la rue des Huttes" à Calais, jeudi 31 octobre. Photo : Mehdi Chebil pour InfoMigrants
Le campement de migrants dit "de la rue des Huttes" à Calais, jeudi 31 octobre. Photo : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

Au moins sept migrants éthiopiens et soudanais ont été blessés à Calais lors de rixes qui ont débuté dans la nuit de mercredi à jeudi avant de reprendre en milieu de journée. Les causes des bagarres restent floues.

Il n’y avait pas eu d’affrontement de cette ampleur depuis plus d’un an : une rixe opposant plus de 200 personnes, majoritairement des Éthiopiens et des Soudanais, a éclaté jeudi 28 novembre vers 13h à quelques centaines de mètres de l’ancienne jungle de Calais, dans le nord de la France.

Plusieurs migrants étaient munis de bâtons et de barres de fer, a constaté un correspondant de l'AFP sur place. De nombreux CRS étaient présents, faisant notamment usage de gaz lacrymogène.

“Deux migrants soudanais ont été blessés légèrement” et “transportés au Centre Hospitalier de Calais”, a indiqué en fin d'après midi la préfecture. Quatre policiers ont eux aussi été “légèrement blessés”, victimes notamment de jets de projectiles.

“Le calme est revenu en milieu d'après-midi. Des moyens de police seront maintenus sur le secteur dans la soirée et au cours de la nuit”, a-t-on ajouté de même source.

La veille, dans la nuit de mercredi à jeudi, une première bagarre avait éclaté “entre plusieurs dizaines de migrants armés de bâtons” dans ce même secteur, près du campement de la zone des Dunes. Cette rixe a également “opposé des Soudanais à des Érythréens", a précisé la préfecture, ajoutant que “les effectifs de la sécurité publique et de la CRS” étaient “intervenus pour séparer les groupes”.

"Fractures, contusions et état de choc"

Au total, les deux rixes ont fait au moins sept blessés du côté des migrants, dont cinq le premier jour et deux le lendemain.

L'un des blessés est un adolescent de 16 ans, victime de “multiples contusions”, selon les pompiers. Parmi les hommes de 17 à 29 ans hospitalisés dans la nuit, l'un souffrait d'une fracture au bras, deux autres de dommages à la tête, un quatrième se trouvant en état de état de choc, selon les secours.

Les raisons qui ont conduit à ces affrontements sont encore floues, mais plusieurs associations estiment que les conditions de vie des migrants à Calais ont un impact direct. À commencer par la pression policière et les démantèlements de campements presque quotidiens.

“[Leur] espace de vie se réduit de plus en plus, la cohabitation n'est plus possible. Chaque jour, de nouvelles clôtures apparaissent. Les violences policières, les conditions d'accueil inhumaines ajoutées à la menace d'évacuation imminente sont les véritables causes des violences entre exilés”, écrit le Collectif Appel d'air dans un communiqué.

Du même avis, l'association Salam estime que ces rixes sont “des bagarres de territoire”. “La pression est tellement forte avec les expulsions régulières, la fermeture prévue de la zone par la préfecture qui veut mettre des grillages partout (...). Les gens ne savent plus où s'installer, ils essayent de récupérer une place”, explique Yolaine Bernard, interrogée par l’AFP.

Environ 450 migrants, selon les estimations des autorités, vivent actuellement à Calais, espérant réussir à passer au Royaume-Uni.

 

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