Un Zodiac Sillinger sur un bateau des garde-côtes libyens, au large de la Libye, en octobre 2019. Crédit : France 24
Un Zodiac Sillinger sur un bateau des garde-côtes libyens, au large de la Libye, en octobre 2019. Crédit : France 24

La France a renoncé à la livraison très controversée de six navires à la Libye pour renforcer le contrôle de ses côtes, en raison de "la situation" dans le pays. Plusieurs ONG, qui avaient déposé un recours administratif contre cette livraison, saluent une "victoire" qui doit "marquer un tournant dans les relations de la France avec la Libye en matière de politique migratoire".

La France a renoncé à la livraison controversée de six navires à la Libye pour renforcer le contrôle de ses côtes, en raison de "la situation" dans le pays, a confirmé à l'AFP le ministère des Armées, lundi 2 décembre.

"Si la cession a été un temps envisagée au bénéfice de la Libye, la ministre a finalement décidé de ne pas livrer les embarcations à cet État", a écrit, le 26 novembre, le ministère des Armées dans un mémoire envoyé à la Cour administrative d'appel de Paris, saisie par huit ONG qui demandaient l'annulation de cette livraison.

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"La situation en Libye ne permet pas de réaliser ce don d'embarcations", a confirmé, auprès de l'AFP, le ministère des Armées.

La livraison de ces embarcations rapides semi-rigides – des Zodiac Sillinger dotés de portes-mitraillettes - avait été annoncée en février dernier par la ministre des Armées, Florence Parly. L’annonce avait provoqué une levée de bouclier de la part d’ONG, dont Amnesty International, Médecins sans frontières, la Ligue des droits de l’homme et le Gisti, qui avaient saisi la justice administrative en avril.

Dans un premier temps, la demande des ONG avait été jugée "mal fondée" par le ministère des Armées, qui avait assuré que la cession des embarcations aurait eu "pour seul objectif d'accompagner l'État libyen dans le processus de consolidation de l'État de droit et de reconstruction des capacités militaires de sa marine nationale". Selon le ministère, il n'existait donc pas de "lien suffisamment direct" entre le don de ces embarcations et la défense des migrants pour justifier le recours des ONG.

"Une victoire pour des hommes, femmes et enfants"

Lundi, ces mêmes ONG ont salué, dans un communiqué commun, "l’abandon de cette initiative qui aurait fait de la France la complice officielle des crimes commis sur les personnes migrantes et réfugiées en Libye".

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"Ces pressions juridiques et publiques ont fait céder le gouvernement", est-il ajouté dans le communiqué. "Ce renoncement est avant tout une victoire pour des hommes, femmes et enfants que ces bateaux auraient reconduits vers un pays où ils couraient le risque d’être à nouveau détenus, torturés, violés."

Les ONG appellent par ailleurs à ce que cette décision "marque un tournant". "Tant que [des personnes migrantes et réfugiées] seront retenues en Libye dans des conditions inhumaines, la France et les autres pays européens devront renoncer à toute forme de collaboration ayant pour conséquence de les maintenir ou de les refouler en Libye."

Plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, le pays est actuellement secoué par le conflit armé entre les forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est, et son rival installé à Tripoli, le Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par l'ONU.

 

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