Capture d'écran du GDF, le centre du HCR, à Tripoli. Photo : Twitter UNHCR Libya (archive)
Capture d'écran du GDF, le centre du HCR, à Tripoli. Photo : Twitter UNHCR Libya (archive)

Le centre de transit du HCR à Tripoli disparaîtra progressivement à partir de la fin de l'année. La distribution de repas et l'hébergement cesseront, seules les activités d’assistance médicale et la distribution d’articles de première nécessité seront maintenues. Les réfugiés "vulnérables" en transit vers des programmes de réinstallation seront directement évacués vers d’autres destinations.

Le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) a annoncé la fermeture progressive du centre de rassemblement et de départ (Gathering and Departure Facility, GDF) de Tripoli à partir de la fin 2019.

Le centre, dans sa forme actuelle, avait été créé il y a un an pour accueillir des réfugiés dits "vulnérables" avant leur transfert à l'étranger. Le lieu d’accueil "évolue vers un centre ouvert" qui maintiendra encore certains services comme "l’assistance médicale, l’aide psychosociale, des séances de conseil, la distribution d’articles de première nécessité, de kits d’hygiène, de matelas, de vêtements…", précise le HCR, contacté mardi 3 décembre par InfoMigrants.

Quant aux réfugiés "vulnérables" en transit vers des programmes de réinstallation, ils seront directement évacués vers d’autres destinations, explique à InfoMigrants Charlie Yaxley, porte-parole de l'agence onusienne.

Des aides aux migrants pour vivre en dehors du centre

Pour compenser la fermeture de ce centre surpeuplé, le HCR déclare qu’il va renforcer ses programmes d’assistance dans des zones urbaines.

"Ceux qui ont une raison valable pour demander une protection internationale reçoivent un ‘package’ d'aide pour les aider à partir, notamment une aide financière d'urgence pour deux mois, l'accès aux soins essentiels et des référents médicaux", a précisé l’organisation onusienne dans un communiqué émis le 29 novembre.

Or la situation des migrants présents dans la ville et les alentours de Tripoli est particulièrement inquiétante depuis le déclenchement début avril d'un conflit armé au sud de la capitale. "Les combats se concentrent au sud de Tripoli, les personnes concernées éviteront les zones dangereuses", fait valoir Charlie Yaxley.

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Distribution de nourriture suspendue

Le quotidien britannique The Guardian avait rapporté jeudi avoir eu accès à un document circulant au sein du personnel onusien, selon lequel le HCR "supprimerait progressivement" à partir du 31 décembre la nourriture dans ce centre de Tripoli dans le but de faire partir volontairement les migrants.

D'après plusieurs témoignages de migrants dans le centre recueillis par InfoMigrants, la distribution de repas a déjà cessé. Les migrants contactés reprochent à l’agence onusienne de les "affamer".

Rejettant cette accusation, le HCR précise dans son communiqué qu’il "cessera les distributions de nourriture au centre à la nouvelle année". Pourtant, Mohammad, un migrant soudanais qui a trouvé refuge dans le centre depuis juillet, contacté par InfoMigrants mercredi 4 décembre, affirme que toutes les aides ont été supprimées y compris la nourriture. Selon lui, une centaine de migrants ont déjà quitté le centre.

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Un centre surpeuplé à cause des combats en ville

Le GDF, limité à 600 places, abrite actuellement le double de sa capacité d’accueil. Une surpopulation qui affecte "la capacité à évacuer les réfugiés les plus vulnérables, pour lesquels des solutions en dehors de Libye ont été trouvées, hors de centres de détention et en sécurité", dénonce le HCR.

À la suite du bombardement d’un centre de détention tenu par les autorités libyennes en juillet, des centaines de personnes se sont réfugiées dans ce lieu originalement dédié à l’accueil des migrants en transit vers un programme de réinstallation du HCR. Quelque 400 personnes supplémentaires sont arrivées depuis le centre de détention bombardé et 200 autres vivants en ville sont venus y trouver refuge.

"Nous n’avons pas assez de place pour les accueillir dans nos programmes de réinstallation. Actuellement seul 5% des personnes vulnérables éligibles ont pu bénéficier de ces programmes", rappelle Charlie Yaxley.

Selon le HCR, 40 000 réfugiés et demandeurs d'asile vivent déjà dans des zones urbaines en Libye.

 

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