Les migrants à bord du Alan Kurdi. Crédit : Sea-Eye
Les migrants à bord du Alan Kurdi. Crédit : Sea-Eye

L'Ocean Viking et l'Alan Kurdi, errent depuis plusieurs jours en mer Méditerranée à la recherche d'un port sûr pour débarquer les 121 migrants secourus jeudi 28 novembre au large de la Libye. Alors que la situation se dégrade à bord des deux navires humanitaires, Malte et l'Italie n'ont, pour l’heure, pas répondu favorablement à leurs demandes de débarquement.

"Les migrants sont très éprouvés physiquement, ils ont besoin de repos dans un endroit sûr". Contacté par InfoMigrants, Jan Ribbeck, le chef de mission de l’Alan Kurdi, appelle les pays européens à ouvrir leurs ports pour débarquer les 61 naufragés se trouvant à bord du navire humanitaire.

L’ONG SOS Méditerranée, affrétant avec Médecins sans frontières (MSF) l’Ocean Viking, a formulé la même demande. Dans un communiqué diffusé le 3 décembre, elle exhorte les États membres à se "mobiliser d’urgence pour faciliter l’attribution d’un lieu sûr pour débarquer les rescapés".

Les deux navires humanitaires errent depuis cinq jours au large des côtes italiennes et maltaises. Jeudi 28 novembre, ils avaient secouru près de 150 personnes lors de trois opérations distinctes : 60 pour l’Ocean Viking et 84 pour l’Alan Kurdi – 23 personnes ont depuis été évacuées vers l’Italie en raison de leur état de santé fragile.

Selon les ONG, Malte et l’Italie n’ont, pour l'heure, pas répondu favorablement à leurs demandes de débarquement. "Même l’Allemagne [où est immatriculé le Alan Kurdi, NDLR] nous a dit de nous adresser aux autorités compétentes, à savoir la Libye", déplore Jan Ribbeck.

Tentative de suicide

La situation à bord de ces deux bateaux se dégrade "avec la détérioration des conditions météorologiques", précise SOS Méditerranée. "Les personnes secourues manifestent une intolérance accrue au traitement de base contre le mal de mer et la plupart ont maintenant besoin d’injections pour contrôler leurs vomissements persistants".

Même son de cloche du côté de l’Alan Kurdi. Les migrants "ont le mal de mer et les soins à bord du navire sont limités", insiste Jan Ribbeck qui ajoute que bon nombre des rescapés souffrent de problèmes psychologiques. L’un d’entre eux a même tenté de mettre fin à ses jours mardi 2 décembre en se jetant à l’eau. Il a été rattrapé avant son passage à l’acte par l'équipage et évacué dans la soirée vers l’Italie.

Les ONG qui portent secours aux migrants en détresse en mer Méditerranée demandent depuis plusieurs mois qu’un mécanisme de débarquement soit mis en place par les États européens afin d’éviter que les bateaux humanitaires restent bloqués en mer des semaines en attendant que des pays acceptent, au cas par cas, d’accueillir les migrants secourus. "Une solution qui tarde à être mise en œuvre", signale SOS Méditerranée.

 

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