La neige a commencé à tomber sur le camp de Vucjak dans le nord de la Bosnie. Crédit : REUTERS/Dado Ruvic
La neige a commencé à tomber sur le camp de Vucjak dans le nord de la Bosnie. Crédit : REUTERS/Dado Ruvic

Les conditions de vie des migrants dans le camp de Vucjak, dans le nord-ouest de la Bosnie, se sont encore dégradées avec les premières chutes de neige. La commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe a réclamé mardi sa fermeture.

Dans le camp de Vucjak, les conditions de vie des migrants se dégradent à mesure que l’hiver s’installe. La neige a commencé à tomber lundi sur ce camp informel situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Bihac, dans le nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine. Mardi 3 décembre, la commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic, a estimé que les autorités bosniennes devaient fermer au plus vite ce camp si elles veulent éviter que l'hiver y fasse des victimes.

La commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic, a visité le camp de Vucjak mardi 3 décembre 2019."Si on ne ferme pas ce camp aujourd'hui, demain, les gens commenceront à mourir ici. Ce sera la responsabilité de qui ? C'est la question que je pose", a-t-elle déclaré. Elle-même Bosnienne, la commissaire européenne s'est adressée à la presse après avoir visité Vucjak.

Ouvert en juin par la municipalité de Bihac, le camp est toujours privé d’eau courante et d’électricité, les tentes données par le Croissant rouge turc sont aujourd’hui trouées. Beaucoup ne tiennent même plus debout. "Tout est mouillé maintenant", résume Kashif, un jeune Pakistanais qui vit à Vucjak depuis plusieurs mois. Pour se réchauffer, certains ont allumé des feux devant ou même à l’intérieur de leurs tentes.

Les tentes du camp de Vucjak sont en très mauvais état. Crédit : REUTERS/Dado RuvicLes autorités y conduisent régulièrement les migrants qui déambulent en ville, faute d'avoir suffisamment de places dans des centres d'accueil gérés par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ces centres "officiels" peuvent accueillir 3 500 personnes dans la région de Bihac mais tous sont pleins.

"En tant que Bosnienne, je suis très bouleversée. Je pense que c'est une honte pour la Bosnie. Les conditions ici ne sont pas pour les êtres humains", a dénoncé Dunja Mijatovic, qui doit visiter d'autres camps dans le pays et s'entretenir avec les autorités. "Ces gens doivent être logés à un endroit au chaud où ils obtiendront des repas (...) Ça, c'est inacceptable", a-t-elle ajouté.

Les migrants font des feux dans les tentes pour se réchauffer. Crédit : REUTERS/Dado RuvicDepuis début 2018, plus de 52 000 migrants sont illégalement entrés en Bosnie, avait indiqué en novembre Slobodan Ujic, un responsable du ministère de la Sécurité. La plupart en sont repartis en direction de l'Europe occidentale.

 

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