Des pirogues, à Dakar, au Sénégal (image d'illustration). Crédit : RFI/Ndiassé SAMBE
Des pirogues, à Dakar, au Sénégal (image d'illustration). Crédit : RFI/Ndiassé SAMBE

Le bilan du naufrage d’une embarcation de migrants mercredi au large de la Mauritanie a été revu à la hausse : 63 personnes parties de Gambie ont perdu la vie dans le drame, selon une source sécuritaire. Le président Adama Barrow a annoncé le lancement d’une "enquête policière poussée".

C’est le naufrage le plus meurtrier de l’année sur cette voie de migration : 63 personnes sont mortes dans une embarcation de migrants partie de Gambie qui s’est abîmée mercredi 4 décembre au large de la Mauritanie, selon le nouveau bilan d’une source sécuritaire citée par l'agence de presse AP.

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Lundi 9 décembre, les opérations de recherche se poursuivaient au large de la ville de Nouadhibou, au nord de la Mauritanie, dans l’espoir de retrouver d’autres rescapés.

À la suite du drame, 83 survivants ont réussi à rejoindre à la nage les côtes mauritaniennes. Certains ont quitté samedi la Mauritanie à bord de cars pour la Gambie.

Au moins 150 personnes, dont des femmes et des enfants se trouvaient à bord de l’embarcation depuis une semaine lorsqu’elle a fait naufrage. Les migrants cherchaient à rejoindre l’archipel espagnol des Canaries, au large du Maroc.

"Une tragédie nationale"

Le président gambien Adama Barrow a annoncé, dans un discours télévisé samedi l’ouverture d’une "enquête policière poussée". "Perdre la vie de 60 jeunes gens en mer est une tragédie nationale et un sujet d'inquiétude pour mon gouvernement”, a-t-il ajouté.

"Les fautifs seront poursuivis conformément à la loi", a encore souligné le président gambien, en présentant ses condoléances aux familles endeuillées.

Quarante-huit heures après le naufrage de l’embarcation de migrants, les gardes-côtes mauritaniens ont intercepté une embarcation transportant 192 migrants gambiens en route pour l'Espagne, selon une source de sécurité mauritanienne.

Le bateau avait quitté la capitale gambienne Banjul le 2 décembre. Intercepté au large de la Mauritanie, il a été conduit à Nouamghar, à 150 km au nord de la capitale, Nouakchott.

Les 192 candidats à l'émigration ont été débarqués dans cette localité en attendant d'être rapatriés. "Une assistance en nourriture et en couvertures leur a été apportée sur place. Ils sont tous en bonne santé et leur embarcation n'a souffert d'aucun problème", selon la même source.

Près de 25 000 personnes sont mortes depuis janvier 2014 en tentant de rejoindre l'Europe pour des raisons économiques ou politiques, d'après les chiffres de l'Organisation international pour les migrations (OIM).

La majorité (19 154) ont péri en Méditerranée, où se situent les principales voies d'accès au continent européen. Mais plus de 480 ont aussi perdu la vie en Afrique de l'Ouest, dont environ 160 en 2019.

 

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