Un millier de demandeurs d'asile soudanais ont marché jusqu'aux locaux du HCR à Agadez, au Niger. Crédit : DR
Un millier de demandeurs d'asile soudanais ont marché jusqu'aux locaux du HCR à Agadez, au Niger. Crédit : DR

Un millier de demandeurs d’asile, pour la plupart originaires du Soudan, ont manifesté lundi devant les locaux du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) à Agadez, dans le nord du Niger. Ils réclament l’accélération du traitement de leurs demandes d’asile et une réinstallation en Europe.

"On est bloqués ici depuis plus d’un an. On en a marre d’attendre, on veut une réponse à notre demande d’asile." Comme Ahmed, un migrant soudanais en contact avec InfoMigrants, un millier de demandeurs d’asile ont manifesté lundi 16 décembre au Niger, pour exiger l’accélération du traitement de leur dossier d’asile et leur acheminement vers l’Europe.

Les migrants, pour la plupart originaires du Soudan, ont quitté le centre géré par le HCR situé dans le désert et parcouru 15 km à pied pour rejoindre les locaux de l’agence onusienne à Agadez, dans le nord du Niger.

Des demandeurs d'asile soudanais devant les locaux du HCR à Agadez, au Niger. Crédit : DR

Des migrants venus du Tchad, d’Algérie et de Libye

Ces demandeurs d’asile sont arrivés spontanément dans la région d’Agadez, à la recherche de la protection du HCR, en provenance de la Libye, depuis les camps gérés par l’agence onusienne au Tchad ou via l’Algérie après avoir été refoulés au Niger par les autorités algériennes.

"D’octobre 2017 à février 2018, près de 2 000 ressortissants soudanais, dont une partie avait été reconnue comme réfugiée", sont arrivés à Agadez de manière autonome depuis les camps du HCR au Tchad, précise à InfoMigrants Laurence Bron du HCR Niger.

Alors, "afin de répondre au besoin de ces personnes, le HCR en collaboration avec les autorités de la région a aménagé depuis 2018 un centre humanitaire qui accueille actuellement 1 343 personnes", en plus de l’ouverture d’un bureau à Agadez en mai 2017, continue la porte-parole de l’agence onusienne.

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Bien que certains de ces demandeurs d’asile soient arrivés fin 2017 dans la région d’Agadez, leur dossier d’asile n’a pu être traité qu’à partir d’août 2019, en raison de "la réticence du gouvernement [nigérien] à ouvrir un espace d’asile aux Soudanais venus de Libye [au vu] de leur profil (hommes célibataires et suspicion sur leur statut civil)", ajoute Laurence Bron.

Près de 1 600 demandes d’asile déposées

Ainsi, sur les 1 591 personnes ayant demandé l’asile auprès du HCR à Agadez, 54% sont "prêtes à être soumises à la Commission nationale d’éligibilité au statut de réfugiés", soit 859 dossiers, selon les chiffres du HCR.

Concernant la demande de réinstallation en Europe de ces migrants, l’organisme de l’ONU rappelle que c’est "un outil de protection pour les plus vulnérables et qu’il y a d’autres options, notamment l’intégration dans le pays d’accueil".

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Le HCR, qui dit avoir rencontré les manifestants, prévient que "l’occupation anarchique de la voie publique [a] des conséquences sur l’hygiène et l’environnement, et constituent une menace à la coexistence pacifique avec la population hôte". De plus, ajoute l’agence onusienne, l’assistance humanitaire sera maintenue au centre humanitaire et non devant le bureau du HCR.

Ce n’est pas la première fois que des demandeurs d’asile du Niger expriment leur mécontentement. En septembre dernier, une centaine de migrants avaient violemment manifesté dans le camp humanitaire d'Agadez en insultant et jetant des pierres sur une équipe locale du HCR.

 

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