Un canot pneumatique appartenant à des migrants secourus par la marine française en août 2019. Crédit : Préfecture de la Manche et de la mer du Nord.
Un canot pneumatique appartenant à des migrants secourus par la marine française en août 2019. Crédit : Préfecture de la Manche et de la mer du Nord.

De plus en plus de migrants, Iraniens pour la plupart, n’hésitent pas à traverser la Manche vers l’Angleterre. Les patrouilleurs français et britanniques ont intercepté 79 personnes sur six petits navires, dont un en détresse, dans la matinée de mardi.

Les traversées de masse se multiplient dans la Manche, malgré l'hiver et les températures glaciales de l’eau. Au moins 79 migrants ont été secourus sur six embarcations distinctes par les patrouilleurs français et britanniques sur la seule matinée de mardi 17 décembre. Les migrants interceptés sont majoritairement Iraniens, Irakiens et Ousbeks.

Début décembre, 79 autres migrants avaient tenté la traversée de la Manche depuis les côtes françaises sur une même journée, embarqués sur cinq petits bateaux. Ils avaient été arrêtés par les autorités britanniques après avoir été secourus en mer pour la plupart.

Ce lundi, dix migrants sur une embarcation pneumatique ont été secourus côté français au large de Calais, par la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Après avoir alerté le Samu, ils ont dû attendre deux heures avant de pouvoir être localisés et pris en charge. À bord du bateau, se trouvaient quatre mineurs. Les rescapés sont tous "sains et saufs", a indiqué la préfecture. Une fois à terre, ils ont été confiés à la police de Boulogne-sur-Mer.

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69 migrants, dont 10 mineurs arrêtés par les Britanniques

Côté britannique, ce sont 69 migrants qui ont été interceptés en quelques heures seulement, dans la nuit de lundi à mardi.

D'après le Home office britannique (ministère de l'Intérieur du Royaume-Uni), cité par Sky News, une première embarcation transportant huit migrants iraniens a été stoppée par les patrouilleurs britanniques à 0h45. Trois heures plus tard, 18 personnes, dont deux femmes et deux enfants, ont été secourues sur un second bateau. Leur nationalité n'a pas encore été déterminée pour l'heure.

Neuf Iraniens, transportés sur une troisième embarcations ont, quant à eux, été interceptés au petit matin vers 5h10. Deux mineurs figurent parmi les migrants à bord.

Pas moins de vingt minutes plus tard, ce sont 23 personnes embarquées sur un quatrième bateau qui ont été secourues. Les 14 hommes, cinq femmes et quatre mineurs à bord sont de nationalité iranienne, irakienne et ouzbek. Enfin une dernière embarcation avec neuf migrants iraniens à son bord, dont une femme et deux mineurs a été arrêtée par les patrouilleurs britannique vers 7h45.

L’ensemble des migrants interceptés ont été examinés par du personnel médical avant d’être interrogés par les agents britanniques de l'immigration.

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Les autorités françaises critiquées

Quelques heures après ces arrestations, la députée britannique de Douvres, Natalie Elphicke, a demandé à rencontrer le ministre britannique de l’Immigration pour exiger de nouvelles mesure de lutte contre l’immigration clandestine.

"Les Français ont reçu des dizaines de millions de livres de l'argent durement gagné par les contribuables britanniques pour arrêter les départs illégaux depuis leurs côtes. Je veux savoir où est passé l'argent”, a-t-elle déclaré, critiquant la surveillance des départs en mer par les autorités françaises. "Parce que si beaucoup a été fait, il est clair qu'il reste encore beaucoup à faire”, a-t-elle ajouté.

Londres et Paris ont renforcé depuis janvier 2019 leur coopération dans la lutte contre la multiplication des traversées clandestines de la Manche. Le Royaume-Uni s’est engagé notamment à financer l’achat de drones, de caméras à vision nocturne et de véhicules pour sept millions d’euros.

Cette année, Londres a renvoyé près de 120 migrants qui sont entrés illégalement dans le pays par voie maritime.

 

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