Le navire d'aide aux migrants Sea-Watch 3 dans le port de Lampedusa, où il a été saisi en juin par les autorités italiennes. | Photo: Picture-alliance/Photoshot
Le navire d'aide aux migrants Sea-Watch 3 dans le port de Lampedusa, où il a été saisi en juin par les autorités italiennes. | Photo: Picture-alliance/Photoshot

Le navire humanitaire Sea-Watch 3, qui avait été saisi en juin par les autorités italiennes et était resté bloqué depuis pendant plus de cinq mois au port de Licata, en Sicile, a été relâché jeudi. L'ONG allemande a annoncé que le navire allait reprendre la mer au plus vite.

Le navire humanitaire Sea-Watch 3, qui était bloqué depuis plus de cinq mois au port de Licata, en Sicile, a été relâché jeudi 19 décembre sur décision de la justice italienne.

 "Après plus de cinq mois de blocage au port de Licata, nous nous préparons à retourner en mer", a annoncé Sea-Watch dans un tweet. L'ONG allemande qui affrète le bateau avait déposé un recours devant un tribunal civil italien pour contester ce qu’elle considérait comme un ‘blocus’. Le tribunal civil a déclaré n'avoir trouvé aucun fondement juridique pouvant justifier la poursuite de la mise sous séquestre du navire dans le port de Licata.

"Le Sea-Watch 3 sera de retour dans la zone de recherche et de sauvetage (zone SAR) au nord des côtes libyennes dès que les préparatifs logistiques nécessaires à l'équipage et au navire seront terminés", a encore affirmé l’ONG dans un communiqué, assurant avoir fait l'objet de "criminalisation, d'intimidation".

Le Sea-Watch 3 avait été saisi en juin par les autorités italiennes lorsqu'il avait accosté au port de Lampedusa avec une quarantaine de migrants à bord en dépit de l'interdiction faite aux navires de sauvetage des migrants d'approcher les côtes italiennes.

 >> À (re)voir sur France 24 : Carola Rackete : "La question du sauvetage des migrants est exploitée pour inciter à la haine"

Cette affaire avait suscité un tollé contre la politique de Matteo Salvini, dirigeant du parti d'extrême droite la Ligue. La capitaine du navire, Carola Rackete, qualifiée de menace à la sécurité nationale par Matteo Salivini, avait été arrêtée sous l'accusation d'aide à l'immigration clandestine, avant d'être libérée.

"Sea-Watch et les autres sauveteurs civils sont les seuls qui font respecter la loi"

Pour l’ONG, la décision de la justice italienne constitue "une confirmation de la légalité de (son) travail", alors que "1 000 personnes au moins ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée centrale cette année".

"Sea-Watch et les autres sauveteurs civils sont les seuls qui font respecter la loi, ce qui a été prouvé aujourd'hui", a déclaré le président de l'association, Johannes Bayer. "Nous avons hâte de partir, et éventuellement de retourner dans les ports italiens sans complications ou agression", a-t-il ajouté.

Deux autres bateaux humanitaires affrétés par l'ONG Mediterranea, le voilier Alex et le Mare Jonio, se trouvent toujours dans le port de Licata, respectivement depuis juillet et septembre. L'Italie qui s'est souvent plainte de porter le fardeau des migrants qui traversent la Méditerranée en provenance de Libye, a vu 600 000 personnes débarquer sur ses côtes depuis 2013.

 


 

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