Le centre de rétention administrative de Rennes. Crédit : Capture d'écran du compte Twitter de la Cimade
Le centre de rétention administrative de Rennes. Crédit : Capture d'écran du compte Twitter de la Cimade

Un Roumain de 35 ans était hospitalisé et son pronostic vital engagé vendredi, après avoir tenté de se suicider par pendaison dans le centre de rétention administrative (CRA) de Rennes.

Il se trouve dans un coma artificiel, entre la vie et la mort. Un Roumain de 35 ans a tenté de se suicider au matin du 19 décembre dans le centre de rétention administratif (CRA) de Rennes. En situation irrégulière, il y avait été transféré la veille au soir, a appris InfoMigrants auprès de la Cimade.

Après l'avoir retrouvé pendu, les policiers présents dans le CRA ont réussi à le maintenir en vie en effectuant un massage cardiaque avant l’arrivée des secours. "Son pronostic vital est engagé, avec le risque de graves séquelles s'il survit", d’après la Cimade.

L’association dispose d’une permanence pour apporter de l’aide administrative aux migrants dans le centre de rétention de Rennes, mais elle n’avait pas encore eu l’occasion de rencontrer la victime.

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Des tentatives de suicide "toutes les semaines"

D’après des témoignages d’autres personnes retenues dans le CRA, le migrant qui a tenté de mettre fin à ses jours menaçait de se suicider depuis son arrivée. Il n’est pas le seul dans ce cas: “Des migrants tentent de se suicider chaque semaine dans les CRA”, regrette Maud Steuperaert, responsable régionale détention de la Cimade.

“La semaine dernière, une personne a essayé de s’étrangler avec un fil électrique dans nos bureaux, au CRA du Mesnil-Amelot”, rapporte encore Raphaël Flichman, lui aussi membre de la Cimade.

Si le migrant roumain de 35 ans ne survit pas à ses blessures, le nombre de personnes mortes par suicide dans les CRA français en 2019 s’élèvera à au moins trois.

Un jeune Tunisien de 19 ans avait été retrouvé mort le 8 novembre au CRA de Vincennes, en région parisienne, après avoir pris des médicaments. Cet été, un Roumain d'une vingtaine d'années avait lui aussi mis fin à ses jours dans ce même centre.

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Enfermé en cellule d’isolement après une tentative de suicide

“Des personnes très fragilisées, dont certaines sont atteintes de troubles psychiatriques avérés sont enfermées en rétention”, dénonce la Cimade. “Ce sont des lieux gérés sur des réflexes sécuritaires, incompatibles avec la santé de personnes malades”, précise Maud Steuperaert.

La Cimade déplore aussi les cas de migrants envoyés en cellule d’isolement disciplinaire après avoir tenté de se suicider dans les CRA de Toulouse et du Mesnil-Amelot. “Non seulement cela ne résout en rien leur détresse et mais l’enfermement ne fait que l’accentuer”, déplore encore Raphaël Flichman.

“Les personnes arrivent ici, elles ne savent pas pour combien de temps, ni quand elles seront expulsées. Les renvois peuvent se produire à tout moment et c’est extrêmement anxiogène”, souligne Maud Steuperaert.

La Cimade pointe aussi la durée de l’enfermement, portées de 45 à 90 jours depuis l’adoption de la loi Asile et Immigration en septembre 2018. "Cette mesure accroît le désespoir des personnes retenues", dénonce-t-elle.

L'association interpelle une nouvelle fois le ministère de l'Intérieur et lui demande de mettre fin à une politique, qui selon elle, "conduit à une violence institutionnelle qui génère des dégâts importants chez les personnes concernées".

 


 

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