L'entrée du Centre de rétention administrative de Rennes (Ille-et-Vilaine). Crédit : La Cimade
L'entrée du Centre de rétention administrative de Rennes (Ille-et-Vilaine). Crédit : La Cimade

Un Roumain de 35 ans, hospitalisé après avoir tenté de mettre fin à ses jours, est décédé à l’hôpital de Pontchaillou, près de Rennes, le 27 décembre, a annoncé la préfecture d’Ille et Vilaine. Selon la Cimade, il s’agit de la 5e personne "qui décède dans un lieu de privation de liberté depuis 2017".

Un Roumain de 35 ans, qui avait tenté de se suicider par pendaison au Centre de rétention administrative (CRA) de Rennes, est décédé à l'hôpital une semaine après y être entré, a-t-on appris lundi auprès de la préfecture d'Ille-et-Vilaine.

"Une personne retenue au CRA de Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes […] a été transportée au CHU de Pontchaillou où elle est décédée le 27 [décembre]", a indiqué à l'AFP la préfecture. Le risque vital était engagé depuis plusieurs jours.

Selon l'association de défense des migrants la Cimade, le Roumain de 35 ans "avait été enfermé dans l'après-midi du 18 décembre après avoir été interpellé un ou deux jours avant".

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"Nous savons qu'il avait exprimé une détresse assez profonde en fin d'après-midi et dans la soirée, indiquant qu'il voulait se suicider, mais rien de spécial n'avait été mis en place par la police", a déclaré Maryse Boulard, membre de la Cimade.

"Ce qui est préoccupant c'est qu'il n'y a aucun examen médical systématique à l'arrivée dans ces structures. Les préfectures enferment ces personnes sans aucun examen de leur situation, or certaines sont très vulnérables et leur détresse n'est pas prise en compte", a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué, la Cimade, qui intervient en rétention depuis 1984, indique qu'il s'agit de la "cinquième personne qui décède dans ces lieux de privation de liberté depuis 2017".

"Des personnes très fragilisées, dont certaines sont atteintes de troubles psychiatriques avérés sont fréquemment enfermées en rétention. Les taux d'occupation des CRA ont fortement augmenté. La durée maximale de rétention a doublé suite à la dernière réforme législative. Et enfin, les violations des droits sont massives et assumées, comme en témoigne la très forte proportion d'annulations par les juges des procédures d'enfermement ou d'expulsion", précise l'association dans son communiqué.

La Cimade pointe aussi la durée de l’enfermement, portée de 45 à 90 jours depuis l’adoption de la loi Asile et Immigration en septembre 2018. "Cette mesure accroît le désespoir des personnes retenues", dénonce Maud Steuperaert responsable régionale détention de la Cimade.

 

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