RFI/Bineta Diagne | Ghetto où vivent des migrants Maliens à Agadez au Niger. (image d'illustration)
RFI/Bineta Diagne | Ghetto où vivent des migrants Maliens à Agadez au Niger. (image d'illustration)

Des demandeurs d’asile de retour de Libye ont incendié leur centre d’hébergement près d’Agadez, où vivent un millier de personnes dans l’attente de la délivrance d’une carte de réfugiés.

Amenés de force après un sit-in de protestation de plusieurs jours devant les locaux du Haut-Commissariat des Nations unies pour les refugiés (HCR) d’Agadez, des demandeurs d’asile ont mis le feu à leur centre d’hébergement, un camp situé à 15 km d’Agadez et où vivent un millier de personnes dans l’attente d’une éventuelle carte de réfugiés.

"Environ 80% du centre d'accueil détruit par une minorité de réfugiés du Darfour à Agadez qui ne veulent entendre parler que de réinstallation en Europe. Détruire l'espace d'asile au Niger ou ailleurs est plus facile que de le construire et de le protéger. C'est un triste jour pour la protection des réfugiés au Niger", écrit sur son compte Twitter Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée centrale.

Selon plusieurs sources, les demandeurs d’asile exigent, entre autres, un statut de réfugiés avec délivrance immédiate de leur carte, des soins de qualité et une meilleure collaboration avec le HCR et les autres partenaires humanitaires.

Le gouverneur d’Agadez estime que les migrants ont posé de "faux problèmes". Le centre dispose d’eau, de nourriture, d’un médecin. Toujours selon le gouverneur, plus de 160 cartes de réfugiés ont récemment été délivrées. "Le processus de détermination est très avancé", indique le HCR. D’autres cartes seront bientôt distribuées par les autorités nigériennes, apprend-on.

Après l’incendie de ce camp, le gouverneur de la région a dénoncé "l’ingratitude des réfugiés". Une enquête est en cours pour déterminer l’ampleur des dégâts. Les auteurs de cet acte seront poursuivis. Malgré cet incident, précise une source du HCR, plusieurs centaines de réfugiés à la merci de l’harmattan seront relogés. 

Ils sont sur un site humanitaire où ils reçoivent trois fois par jour de la nourriture, où ils ont dans des préfabriqués où ils vivent à trois ou cinq par chaque préfabriqué. c'est la vie du désert, ce n'est pas toujours facile. Mais c'est un espace de protection, où on peut vivre et attendre que les solutions se mettent en place.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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