Image d'archives du gymnase où logent près de 200 migrants, à Saint-Herblain. Crédit : InfoMigrants
Image d'archives du gymnase où logent près de 200 migrants, à Saint-Herblain. Crédit : InfoMigrants

Malgré un jugement du tribunal administratif de Nantes demandant à l’État de vider d’ici la fin de l’année 2019 le gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain, en banlieue nantaise, près de 200 migrants vivent toujours sur place. La préfecture dit faire tout son possible pour reloger les occupants au plus vite.

Ils devaient évacuer les lieux sous trois mois. Pourtant, près de 200 migrants vivent toujours dans le gymnase Jeanne Bernard à Saint-Herblain, en banlieue nantaise, dans l’ouest de la France.

Or, sur les 603 personnes recensées début octobre par les services de la préfecture, 188 sont aujourd’hui toujours hébergées dans le gymnase en attente d’un relogement.

Plus de 400 personnes relogées

"On est dépendant des places qui se libèrent au sein du dispositif national d’accueil (DNA), qui est lui-même saturé", signale à InfoMigrants Serge Boulanger, secrétaire général de la préfecture de Loire-Atlantique, ajoutant que "415 personnes ont été relogées" dans des centres d’accueil depuis la reprise en main du site par l’État.

L’Autre cantine, association qui distribue des repas aux migrants du gymnase et qui était très présente avant que la préfecture gère le site, dénonce de son côté des "promesses non tenues".

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"Ils se sont confrontés à la réalité. Les 200 personnes qui restent sont celles avec des situations administratives très complexes", précise Stéphane de l’Autre cantine, en contact avec plusieurs migrants du gymnase. "Il était évident que le traitement de toutes ces personnes ne pouvait pas se faire en trois mois", continue-t-il.

Face aux accusations, la préfecture préfère mettre en avant son action dans le gymnase : installation d’une dizaine de sanitaires et de douches, gestion des entrées et sorties avec des vigiles à l’entrée du site et délivrance de carte d’entrée pour éviter de créer un "afflux", mise en place d’un système quotidien de nettoyage et aménagement d’une cuisine équipée.

"Rien n’a changé, c’est même pire qu’avant"

"C’était une favela à notre arrivée", estime Serge Boulanger. "On a récupéré les lieux dans des conditions très insalubres", ajoute France Horizon, association mandatée par l’État pour la gestion du site.

Pourtant selon les témoignages recueillis par l’Autre cantine, "la situation d’insalubrité est la même". "C’est vrai que les services de nettoyage passent mais l’intérieur du gymnase n’est jamais nettoyé. De plus, les fuites d’eau venant du plafond se sont aggravées et il n’y a toujours pas de chauffage", détaille Stéphane.

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Des propos consolidés par ceux de Moussa*, un migrant hébergé dans le gymnase depuis plus d’un an qui est en contact avec InfoMigrants. "Rien n’a changé, c’est même pire qu’avant", estime le Nigérien. "Les conditions de vie sont toujours précaires et on a très peu d’informations sur notre avenir", souffle-t-il.

Le Nigérien a appris il y a quelques jours qu’il devait quitter les lieux, sans solution d’hébergement. "Je suis dubliné donc l’association m’a dit que je devais partir", explique Moussa. "C’est vrai qu’on est moins nombreux mais c’est aussi parce qu’ils empêchent les gens de rentrer. J’en connais beaucoup qui se sont débrouillés tout seul", poursuit-il.

Les associations envisagent une nouvelle action en justice afin que "tout le monde soit pris en charge et que le risque d’insalubrité soit écarté".

La préfecture déclare de son côté chercher un site pour ouvrir une "structure d’hébergement intermédiaire" afin de loger "les dizaines de personnes" qui n’auraient pas encore été relogées dans les centres d’accueil.

*Le prénom a été modifié

 

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