Ces demandeuses d'asile sont arrivées au centre de transit de Gashora au Rwanda en octobre 2019. Crédit : Reuters
Ces demandeuses d'asile sont arrivées au centre de transit de Gashora au Rwanda en octobre 2019. Crédit : Reuters

Le ministre de la Justice et de l’Immigration norvégien a annoncé que son pays allait accueillir 600 migrants évacués de Libye vers le Rwanda ainsi que 200 autres ayant été transférés vers la Roumanie dans le courant de l’année.

Pour sa première conférence de presse, jeudi 9 janvier, en tant que porte-parole du gouvernement, le ministre de la Justice et de l’Immigration norvégien Jøran Kallmyr a fait une annonce détonante : quelque 800 migrants évacués de Libye par l’ONU vont être accueillis en Norvège. Un premier groupe de 600 évacués proviendra du centre de transit de Gashora au Rwanda, tandis qu’un second groupe de 200 évacués viendra du centre de transit de Timisoara en Roumanie, indique le quotidien norvégien Aftenposten.

La situation administrative des évacués - principalement originaires de la corne de l'Afrique - aura déjà été évaluée par les équipes du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) qui ne choisira que des candidats volontaires et éligibles au statut de réfugié. Ils seront ensuite transférés en quatre contingents au cours de l’année.

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D’après le Aftenposten, en 2020, la Norvège compte accueillir 3 000 réfugiés mais continuera de refuser de prendre en charge les migrants débarqués en Europe après un sauvetage en mer par un navire humanitaire. “Nous ne souhaitons pas créer d’appel d’air en accueillant des rescapés de la Méditerranée. Ce ne sont généralement pas des réfugiés, mais des migrants économiques”, explique le ministre Kallmyr.

“Si nous voulons contrôler la situation en Méditerranée et aider les plus vulnérables, nous devons travailler avec l’ONU”, poursuit-il.

"Envoyer un message aux bailleurs de fonds et aux passeurs"

Il s’agit aussi “d’envoyer un message important aux bailleurs de fonds et aux passeurs qui profite des routes migratoires”, a-t-il ajouté dans un entretien accordé à l’agence Associated Press, martelant que trop de rescapés de la mer n’étaient pas éligibles au statut de réfugié contrairement aux migrants identifiés par le HCR. “Nous ferons venir des personnes ayant des besoins de protection sous une forme organisée”, résume-t-il.

Le centre de transit de Gashora situé à une soixantaine de kilomètres au sud de la capitale Kigali a ouvert en septembre, dans le cadre d'un accord signé entre le Rwanda, l'Union africaine et le HCR. D’une capacité de 500 personnes, il a pour vocation d’accueillir ceux évacués de centres de détention souvent chaotiques et surpeuplés en Libye. Le centre de transit de Timisoara en Roumanie a, lui, été ouvert en 2008 et peut accueillir 200 personnes.

Selon le ministre rwandais des Affaires étrangères Vincent Biruta, seules la Norvège et la Suède ont, pour l’heure, proposé de prendre en charge des réfugiés de Gashora. La Suède a même déjà accueilli sept personnes.

 

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