ANNE CHAON / AFP | Au moins douze migrants ont péri samedi 11 janvier, dans le naufrage en mer Ionienne de leur bateau, qui transportait une cinquantaine de personnes. Image d'illustration.
ANNE CHAON / AFP | Au moins douze migrants ont péri samedi 11 janvier, dans le naufrage en mer Ionienne de leur bateau, qui transportait une cinquantaine de personnes. Image d'illustration.

L'accueil des migrants secourus en Méditerranée reste encore largement l'affaire des pays riverains qu'il s'agisse de la Grèce ou de l'Italie. À travers l'Europe, des communes se sont déclarées prêtes à accueillir plus de migrants. Mais cette volonté de principe se heurte souvent aux législations nationales qui empêchent le transfert de personnes vers d'autres pays.

Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Une conférence s'est tenue lundi 13 janvier, à Berlin, pour essayer de faciliter les procédures d'accueil des migrants en Europe. "Nous avons besoin d’eux. L’Europe vieillit et se meurt. Imagine quelle Europe fantastique nous aurions si tous ceux qui le souhaitent pouvaient accéder à notre continent" : Leoluca Orlando, le maire de Palermelance à Berlin un appel pour un accueil généreux des migrants en Europe. Sa ville en Sicile comme d’autres en Europe sont prêtes à accueillir plus de personnes secourues en Méditerranée.

En Allemagne, 120 maires font désormais partie d’une alliance autour du mouvement "Seebrücke" ou "jetée". Mike Schubert dirige la ville de Potsdam aux portes de Berlin : "Nous ne pouvons pas laisser une ville comme Palerme en Italie ou d’autres en Grèce, seules. Quand on parle d’Union européenne, on parle aussi de solidarité."

"On pourrait vider les camps en Grèce si le courage politique pour une telle décision existait"   

Mais les villes souhaitant accueillir plus de migrants secourus en Méditerranée se heurtent aux résistances des gouvernements nationaux. En Allemagne, une première rencontre doit avoir lieu en janvier avec le ministère de l’Intérieur. 

Pour Miriam Koch qui dirige l’office des migrations de la ville de Düsseldorf, le sort des 40 000 migrants vivant dans de mauvaises conditions sur des îles grecques est surmontable : "Même si l’Allemagne les accueillait tous, un cinquième, soit 8 000, seraient dirigés vers notre région et d’après les quotas en vigueur 300 arriveraient à Düsseldorf. On pourrait vider les camps en Grèce si le courage politique pour une telle décision existait." 

Les villes allemandes au sein de l’alliance "Seebrücke" disposent de capacités d’accueil dans les foyers pour migrants qui ne sont plus, de loin, aussi remplis qu’après l’arrivée de nombreux réfugiés en 2015.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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