InfoMigrants
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Le procès de huit membres d’un groupuscule d’extrême droite démarre mardi à Dresde (est de l’Allemagne). Dans une région rongée par la xénophobie, ils sont accusés d’avoir mené des actes terroristes contre des réfugiés.

L’Allemagne fait à nouveau face à la violence de l’extrême droite. Le pays s’apprête à juger un groupuscule violent de cette mouvance, qualifié de "terroriste", dont huit membres vont comparaître à partir du mardi 7 mars. Ils sont soupçonnés d’avoir mené en 2015 une série d’attaque contre des migrants et des groupes de la gauche radicale.

Ces sept hommes de 19 à 39 ans, ainsi qu'une femme de 28 ans, sont jugés pour "constitution d'une entreprise terroriste", "tentative de meurtre" et "blessures corporelles".


Ils sont soupçonnés d’avoir blessé deux personnes au cours de cinq attaques à l’explosif menées entre juillet et novembre 2015 à Freital, dans la banlieue de Dresde (est), dans une ex-RDA rongée par la xénophobie. Leurs cibles ? Des foyers de demandeurs d'asile et la gauche locale. Objectif : "créer un climat de peur et de répression", affirmait en novembre le parquet fédéral, seul compétent en matière de terrorisme, en renvoyant le "groupe de Freital" devant le tribunal de Dresde, rappelait l’AFP ce mardi 7 mars.

"Créer un climat de peur et de répression"

Ce procès qui s’annonce d’ores et déjà long, se tiendra sous haute sécurité, dans une région berceau du mouvement islamophobe Pegida.

Tout commence à l'été 2015, à Freital, petite commune de 40 000 habitants près de Dresde, s’était déjà fait connaître pour ses manifestations xénophobes.

Première attaque : une explosion touche la voiture du chef de file du parti de gauche radicale Die Linke, dans la nuit du 27 au 28 juillet 2015, sans faire de blessé.

Presque un mois plus tard, dans la nuit du 19 au 20 septembre, ils auraient jeté une charge par la fenêtre de la cuisine d'un centre de réfugiés, qui a explosé sans faire de blessés.

La nuit suivante, d'après le parquet, ils ont lancé des pavés et des engins artisanaux contre un projet d'habitat associatif, touchant une personne.Enfin, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, trois charges ont explosé sur les fenêtres d'un centre de réfugiés, blessant un habitant souffrant de "multiples coupures" au visage, indique l’AFP.

 3 500 attaques contre des réfugiés et demandeurs d’asile en 2016

Ces violences sont intervenues alors que l’Allemagne a accueilli 890 000 demandeurs d’asile en 2015, au plus fort de la crise des réfugiés en Europe, ce qui a valu de nombreuses critiques à la chancelière Angela Merkel. Le nombre d’arrivées a fortement diminué en 2016, à 280 000 nouveaux demandeurs d’asile, ce recul s'expliquant surtout par la fermeture de la "route des Balkans" et la signature de l'accord controversé entre l'UE et la Turquie en mars 2016.

Les deux meneurs présumés du groupe de Freital ont été arrêtés fin 2015. Le premier, Timo S,  a déjà été condamné en 2016 à de la prison avec sursis pour avoir frappé à coups de batte de baseball la voiture de manifestants pro-réfugiés.

Le reste du groupe a été interpellé en avril 2016. Les accusés encourent la perpétuité si la "tentative de meurtre" est reconnue, et un à dix ans de prison pour la seule "entreprise terroriste".

En 2016, l'Allemagne a connu 3 500 attaques contre des réfugiés et demandeurs d'asile, soit près de dix actes de ce type par jour. Cinq cent soixante personnes ont été blessées dont 43 enfants, selon le ministère de l'Intérieur.
 

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