Des migrants dans le camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos. Crédit : Reuters
Des migrants dans le camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos. Crédit : Reuters

Le gouvernement grec a décidé, mercredi, de rétablir le ministère des Migrations, supprimé il y a six mois, dans un contexte de forte augmentation du nombre d'arrivées de demandeurs d'asile dans le pays. Sur les îles, la situation reste intenable.

En Grèce, le ministère des Migrations, supprimé il y a six mois, va revoir le jour. Dans un contexte de forte augmentation du nombre d'arrivées de demandeurs d'asile, le gouvernement grec a en effet décidé, mercredi 15 janvier, de rétablir ce ministère des Migrations et de l’Asile "afin d'accélérer la réalisation du plan gouvernemental" sur la question migratoire, a indiqué le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas, dans un bref communiqué.

Le gouvernement a nommé Notis Mitarakis, jusqu'ici secrétaire d'État auprès du ministère de l'Emploi, chargé de la sécurité sociale, nouveau ministre en charge des migrations. Originaire de Chios, l'une de cinq îles en mer Egée où sont situés des camps d'enregistrement et d'accueil des migrants venant de la Turquie voisine, Notis Mitarakis doit désormais gérer les problèmes de surpopulation et de conditions sordides des camps.

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Cette décision intervient alors que la Grèce est redevenue, en 2019, la principale porte d'entrée des migrants en Europe. Sur les îles, la situation est intenable. Plus de 40 000 personnes y vivent, pour une capacité totale de 6 300 places, et les autorités ne parviennent pas à relocaliser les migrants et leur fournir des solutions d’hébergement.

Des manifestations prévues la semaine prochaine sur les îles

Face à l’urgence, le gouvernement a nommé, à l’automne, un général à la retraite pour gérer la situation des camps. Il a également annoncé le transfert de 20 000 personnes des îles vers la Grèce continentale. Toutefois, en raison du manque de places également sur le continent, le nombre de transferts reste toujours bien inférieur à celui prévu.

Une réforme annoncée en novembre sur la création de nouveaux camps sur les îles n'a par ailleurs pas avancé jusqu'ici. Les autorités locales et les habitants des îles protestent, eux, contre la création de nouveaux camps, et réclament que les camps aient une capacité d’accueil limitée à 1 000 personnes. Des grèves et manifestations sont de nouveau prévues la semaine prochaine sur les îles de Lesbos, Chios et Samos, où sont situés les camps de migrants les plus importants.

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Créé pour la première fois lors de la grande vague migratoire de 2015 par le précédent gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras, le ministère de la Politique migratoire, ainsi appelé à l'époque, avait été supprimé en juillet dernier lors de l'élection du gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis.

Ce dernier avait alors décidé d'intégrer le portefeuille des migrations au sein du ministère de la Protection du citoyen, provoquant les critiques des partis d'opposition et de nombreuses ONG de défense des droits de réfugiés.

 

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