Image d'archives de migrants dans la forêt du Puythouck à Grande-Synthe. Crédit : InfoMigrants
Image d'archives de migrants dans la forêt du Puythouck à Grande-Synthe. Crédit : InfoMigrants

Un hangar de Grande-Synthe, dans le nord de la France, abritant environ 300 migrants a été évacué mardi par les forces de l’ordre. Mais, selon les associations d’aide aux migrants, "seules les familles ont été prises en charge", laissant près de 200 hommes seuls livrés à eux-mêmes.

"Ils ont seulement emmené les familles. Il est clair qu’ils n’avaient pas prévu d’emmener tout le monde", s’insurge Claire Millot de l’association Salam. Les associations ne décolèrent pas après l’évacuation, mardi 14 janvier, du hangar à Grande-Synthe, dans le nord de la France, qui hébergeait environ 300 personnes depuis plusieurs semaines.

Selon Salam et Human rights observer (HRO), très actives dans la région, plus de 200 migrants ont été laissés sur le carreau par les autorités. "Juste après le démantèlement, nous avons distribué 300 repas, ce qui veut bien dire que tout le monde n’a pas été pris en charge", assure Claire Millot.

Selon la préfecture du Nord citée par l’AFP, "parmi les migrants [du hangar], 60 à 70 personnes en famille" ont été évacuées par bus vers des centres d’accueil de la région. Les associations précisent que seuls cinq bus étaient affrétés lors de cette opération et que tous ne sont pas repartis plein.

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"Ils ne peuvent pas prendre tout le monde car il n’y a pas assez de place dans les centres", estime Claire Millot.

Résultat : les hommes seuls sont revenus le soir-même. "Environ 200 personnes sont revenues mardi soir dans le hangar, faute d’hébergement", précise à InfoMigrants Hugo de HRO. "Mais les forces de l’ordre ont pris les tentes lors de l’évacuation donc ils n’ont plus rien. La plupart dort à même le sol", continue-t-il.

Les membres associatifs sont unanimes et affirment à l’unisson que cette évacuation est inutile. "Ils vont revenir car leur but est de passer en Angleterre", poursuit Claire Millot. "C’est toujours pareil, c’est sans fin", souffle Hugo.

Contactée par InfoMigrants, la préfecture n'a - pour l'heure - pas répondu à nos sollicitations.

Les associations estiment qu’environ 500 migrants se trouvent actuellement à Grande-Synthe. La dernière grande opération d'évacuation remonte au 17 septembre 2019. Elle concernait environ 800 migrants, principalement des Kurdes irakiens qui vivaient dans et autour d'un gymnase, fermé depuis.

 

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