Une photo du campement de travailleurs sans-papiers du Chronopost d'Alfortville, en juillet 2019. Crédit : Leslie Carretero/InfoMigrants
Une photo du campement de travailleurs sans-papiers du Chronopost d'Alfortville, en juillet 2019. Crédit : Leslie Carretero/InfoMigrants

Les travailleurs sans-papiers de Chronopost à Alfortville, en région parisienne, ont évacué le campement qu’ils occupaient depuis neuf mois ce jeudi, après avoir obtenu les régularisations qu’ils réclamaient. Dans la région, 129 sans-papiers attendent eux aussi que leurs dossiers soient régularisés.

C’est une "victoire" pour les travailleurs sans-papiers de Chronopost à Alfortville, dans le Val-de-Marne. Les 26 hommes, qui réclamaient leur régularisation depuis des mois via une grève de longue haleine, l’ont tous obtenue.

"On a presque tous été régularisés, nous sommes très contents", lâche à InfoMigrants Amadou Fofana, l’un des travailleurs concernés et porte-parole des grévistes. Depuis le mois de juin 2019, ce jeune homme de 22 ans et ses camarades campaient devant un centre de tri de leur employeur pour dénoncer un système de "sous-traitance en cascade" qui les "exploite" et les maintient dans une précarité invisible, ainsi que des conditions de travail très pénibles.

Le 4 décembre, cinq premiers travailleurs sans-papiers avaient déjà obtenu leur régularisation avec autorisation de travail. Les autres ont été régularisés de manière progressive au cours des dernières semaines.

Encore 129 sans-papiers en attente de régularisation

Ayant obtenu gain de cause, les grévistes ont évacué leur campement, ce jeudi 16 janvier. “On part de nous-mêmes, ce n’est pas la police qui nous chasse”, explique encore Amadou Fofana, qui va désormais pouvoir rejoindre le foyer dans lequel il vivait auparavant, à Vitry-sur-Seine.

Les personnes concernées disposent maintenant d'un "récépissé de six mois va leur permettre de travailler légalement avec leur vrai nom et d’obtenir à terme un titre de séjour", précise à InfoMigrants Mamadou Diallo du CTSPV94 (collectif des travailleurs sans-papiers de Vitry-sur-Seine).

Mais Amadou Fofana précise toutefois que "la lutte continue”, “car les personnes qui nous ont soutenues, elles, n’ont pas obtenu de régularisation".

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Durant leurs longs mois de piquet de grève, les travailleurs de Chronopost avaient été rejoints par des membres de la communauté de sans-papiers de Vitry-sur-Seine, ville voisine d’Alfortville, et d’autres de la région. Parmi eux, quelque 129 travailleurs attendent toujours leur régularisation. Le 15 janvier, "tous les dossiers de régularisation de ces personnes ont été déposées", commente Amadou Fofana.

Ces travailleurs originaires d’Afrique de l’Ouest – pour la plupart du Mali, du Sénégal et de Guinée - possédaient bien des contrats de travail mais pas à leur nom. Pour les signer, ils utilisaient des "alias", à savoir des noms de proches en situation régulière, ce qui les empêchait de pouvoir prétendre à une régularisation, qui est le plus souvent liée à une activité professionnelle.

 

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