Carola Rackete à sa sortie de la Cour en juin 2019. Crédit : ANSA
Carola Rackete à sa sortie de la Cour en juin 2019. Crédit : ANSA

La Cour de Cassation italienne a confirmé vendredi la validité de la libération en juillet de Carola Rackete. La capitaine allemande du navire humanitaire Sea Watch 3 avait accosté de force en Italie pour y débarquer une quarantaine de migrants rescapés à bord.

“Je n’aurais jamais dû être arrêtée pour avoir sauvé des vies.” C’est avec soulagement et détermination que la jeune capitaine du Sea Watch 3, Carola Rackete, a accueilli, vendredi 17 janvier, la décision de la Cour suprême italienne de valider sa libération en juillet, après avoir accosté de force sur l’île de Lampedusa avec 42 migrants rescapés à son bord.

“Ce verdict est important pour tous les sauveteurs en mer activistes !”, a-t-elle également commenté, ajoutant que la directive européenne sur les "délits de solidarité" devait être urgemment réformée.

En rejetant le recours que le parquet avait formé à la suite de la libération de Carola Rackete, la cour a pris une décision "cohérente d'un point de vue institutionnel et juridique", a déclaré son avocat Alessandro Gamberini, exprimant sa "grande satisfaction", selon l'agence AGI, citée par l’AFP. La cour doit désormais déposer ses motivations dans un délai de 30 jours.

La jeune Allemande avait accosté de force le 26 juin sur la petite île de Lampedusa après 13 jours d’errance en mer et de bras de fer avec les autorités des différents pays européens qui se renvoyaient la balle pour ne pas avoir à accueillir les migrants. "[Les rescapés] n’en peuvent plus, leurs vies sont plus importantes que les jeux politiques", avait-elle déclaré avant d’entrer en force dans les eaux italiennes. Elle avait également été accusée d'avoir tenté une manœuvre dangereuse contre la vedette des douanes qui voulait l'empêcher d'entrer au port.

Condamnation annulée pour un autre capitaine allemand

À l’issue de l’incident, Carola Rackete avait été placée aux arrêts domiciliaires et présentée à un juge début juillet. Ce dernier avait alors décidé de la libérer estimant que la jeune femme avait fait simplement son devoir en sauvant des vies humaines.

Immobilisé par la justice pendant plusieurs mois, le Sea Watch 3 a, depuis, repris ses sauvetages au large de la Libye avec d’autres capitaines à son bord. Les dernières opérations de sauvetage en date, survenues il y a à peine quelques jours, lui ont permis de secourir 119 migrants. Après une escale technique, la navire remettra le cap vers la Libye d’ici quelques jours.

Le verdict concernant Carola Rackete intervient 10 jours après qu’une cour d’appel maltaise a annulé la condamnation d’un autre capitaine allemand officiant pour l’ONG Lifeline. La justice a estimé que Claus Peter Reisch, capitaine du navire du même nom que l'ONG, n’avait aucune intention criminelle lorsqu’il est entré dans les eaux maltaises avec plus de 200 rescapés à son bord en juin dernier.

 

Et aussi