Photo d'archive (2018) de migrants à Agadez, au Niger. Crédit : Mehdi Chebil / InfoMigrants
Photo d'archive (2018) de migrants à Agadez, au Niger. Crédit : Mehdi Chebil / InfoMigrants

L’ONU a annoncé samedi que près de 7 000 personnes, dont plus de 1 000 réfugiés, ont fui l’insécurité et la violence, après la récente attaque contre la ville de Chinagodrar au Niger, située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Mali.

Elles sont la cible d’attaques ou d’enlèvements, leurs biens et les propriétés leurs sont volés, mais surtout, elles craignent pour leur vie : une partie des populations civiles de la ville de Chinagodrar à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec le Mali, dans l’ouest du Niger, ont été forcées de fuir les violences perpétrées par des groupes armés. Selon un communiqué du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) diffusé le 18 janvier, près de 7 000 personnes, dont un millier de réfugiés, ont quitté Chinagodrar et ses alentours ces derniers jours.

Au moins trois attaques sont survenues dans la région de Tillabéri en un mois faisant 174 victimes (militaires, gardes et gendarmes), indique l’agence Anadolu, citant le ministère de l’Intérieur nigérien. La dernière en date, survenue le 9 janvier contre le camp militaire de Chinagodrar, a fait 89 morts. Depuis, des témoignages recueillis par l’ONU mentionnent une forte dégradation de la situation sécuritaire pour les populations locales qui racontent subir des pressions et des ultimatums de la part des groupes armés.

“Dans leur fuite, réfugiés et déplacés n’ont pu prendre que ce qu’ils portaient sur eux, laissant derrière eux leurs maisons et leurs biens. Ces personnes vulnérables ont désespérément besoin d’eau, de nourriture, d’abris et de sanitaires. Elles ont également besoin de protection et de sécurité”, écrit le HCR dans son communiqué.

Un accès quasi impossible aux déplacés

Côté Niger, environ 5 000 personnes ont fui vers les villes de Banibangou et Oualam, où 7 326 Maliens sont déjà réfugiés. Côté Mali, près d’un millier de réfugiés nigériens, y compris des enfants non accompagnés, ont traversé la frontière et se trouvent désormais dans la ville d’Andéraboukane. “Les communautés locales ont fait preuve de grande générosité (...) leur offrant notamment de la nourriture, dans une région de Ménaka qui accueille déjà 1 024 réfugiés nigériens depuis 2018”, indique le HCR. S’ajoutent plusieurs centaines de Maliens, qui étaient au Niger pour leur commerce, qui ont également fui la zone frontalière, craignant les affrontements entre groupes armés et forces de sécurités.

Les équipes de l’agence onusienne tentent actuellement de rejoindre et d’assister les réfugiés et déplacés de Chinagodrar. Mais “l’insécurité dans ces zones du Niger et du Mali restreint considérablement notre capacité à atteindre les populations affectées et les communautés qui les accueillent. Sans cet accès humanitaire, nous ne pouvons pas leur apporter l’assistance dont ils ont désespérément besoin ainsi que des solutions durables”, regrette le HCR.

La région de Tillabéri, frontalière avec le Mali et le Burkina Faso est, depuis 2017, en proie à des attaques récurrentes attribuées à des groupes terroristes sévissant dans la région du Sahel. Dans le cadre de la Déclaration de Bamako, les gouvernements de la région ont “réaffirmé, fin 2019, leur engagement à protéger les populations déplacées dans un contexte d’opérations antiterroristes”, souligne le HCR. Le texte exhorte notamment civils et militaires à travailler davantage ensemble “afin d’assurer l’accès humanitaire pour apporter une assistance immédiate”.

 

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