Ces jeunes déboutés de leur minorité sont hébergés temporairement en Seine-Saint-Denis par l'association Les Midis du Mie. Crédit : Facebook / Les Midis du Mie
Ces jeunes déboutés de leur minorité sont hébergés temporairement en Seine-Saint-Denis par l'association Les Midis du Mie. Crédit : Facebook / Les Midis du Mie

La fondatrice de l’association à destination des migrants mineurs, Les Midis du Mie, a ouvert pour un mois un lieu qui héberge 12 jeunes déboutés de leur minorité. Agathe Nadimi a accepté de répondre aux questions d’InfoMigrants.

À travers son association Les Midis du Mie, Agathe Nadimi se démène au quotidien pour aider les jeunes déboutés de leur minorité. Elle a ainsi développé un réseau d’hébergeurs citoyens qui permet à des dizaines de jeunes de ne pas dormir à la rue. Pour une durée d’un mois, Agathe loge également 12 jeunes au sein de 60 Adada, un lieu artistique à Saint-Denis, en région parisienne. Entretien avec Agathe Nadimi.

InfoMigrants : Comment fonctionne le lieu ?

A.N. : "Nous avons l’autorisation d’héberger 12 jeunes pendant un mois, jusqu’au 22 février, au sein de 60 Adada, un lieu artistique à Saint-Denis, en région parisienne.

Nous avions déjà hébergé des jeunes pendant 15 jours en septembre dernier lors de l’exposition du photographe Yvan Loiseau. La journée, le lieu exposait les photos de l’artiste et le soir il se transformait en dortoir.

En ce moment, il n’y a pas d’exposition mais nous avons eu le droit de nous installer en échange d’un projet artistique. Ainsi, chaque soir de 18h à 20h des ateliers d’écriture, de théâtre, de dessins, etc. sont organisés par l’Adada pour les jeunes qui dorment sur place.

IM : Comment ces jeunes ont-ils été sélectionnés ?

A.N. : "Ce sont tous des jeunes rencontrés lors de nos maraudes : soit ils étaient dehors depuis très longtemps, soit ils étaient en urgence absolue car très fragiles psychologiquement ou physiquement.

Ils ont tous été déboutés de leur minorité après leur évaluation en Île-de-France et sont en attente de leur recours."

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IM : Pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir cette structure ?

A.N. : "On met en place ce genre d’initiative car aucune solution n’est proposée pour héberger les mineurs refusés en attente de leur recours.

On demande une mise à l’abri de ces personnes depuis des années mais rien ne se passe alors nous sommes obligés de le faire, nous.

On pallie les manquements des pouvoirs publics."

A.N. : "On espère que les jeunes soient mis en placement provisoire par le département de Seine-Saint-Denis et qu’ils soient donc pris en charge.

Sur les 38 jeunes hébergés en septembre, tous sont suivis par les Midis du Mie et hébergés dans notre réseau de citoyens. Deux sont encore logés à l’Adada ce mois-ci car leur dossier prend beaucoup de temps et être en groupe leur fait du bien.

On est un peu comme dans une colonie ou une grande famille et c’est très important pour eux de ne pas être isolés."

 

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