La cour du CRA du Mesnil-Amelot, situé en Seine-et-Marne, le 26 avril 2019. Crédit : Maëva Poulet / InfoMigrants / InfoMigrants.
La cour du CRA du Mesnil-Amelot, situé en Seine-et-Marne, le 26 avril 2019. Crédit : Maëva Poulet / InfoMigrants / InfoMigrants.

L’adolescente afghane, qui devait être renvoyée vers l’Afghanistan, où elle était menacée de mariage forcé, a finalement obtenu la protection de l’État français. Libérée du Centre de rétention administrative (CRA), elle a retrouvé son mari, réfugié en Allemagne.

Elle a attendu des heures à la sortie du Centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne, avant que son mari, résident en Allemagne, ne vienne la chercher. L'Afghane de 19 ans, menacée d’expulsion la semaine dernière se trouve actuellement aux côtés de son conjoint de l’autre côté du Rhin.

Contactée par InfoMigrants, la jeune femme, enfermée au CRA du Mesnil-Amelot pendant plusieurs semaines raconte avoir été libérée vendredi 24 janvier après une réponse positive à sa demande d’asile. Mais ne sachant où aller, elle a appelé son mari, réfugié statutaire en Allemagne, pour qu’il lui vienne en aide.

"Je suis en danger, si je rentre, mon oncle va me tuer"

Aux dernières nouvelles, Fariha* étaient encore sous le coup d’une procédure d’expulsion de la part des autorités françaises pour avoir pénétré sur le territoire français munie d’un faux passeport. À la suite de son renvoi en CRA, elle devait être expulsée vers l’Afghanistan lundi 20 janvier par les autorités françaises. L’expulsion avait été annulée mais, Fariha nous avait alors fait part de craintes pour sa vie si elle était expulsée vers Kaboul. "Je suis en danger, si je rentre, mon oncle va me tuer", avait expliqué la jeune femme à InfoMigrants.

Menacée de mariage forcé par son oncle taliban, l’Afghane avait quitté son pays au printemps dernier. Elle s’était enfuie en Iran avec l’aide d’une partie de sa famille. Là-bas elle a épousé son fiancé réfugié statutaire en Allemagne. Fariha avait prévu de le retrouver.

Arrêtée à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, à son arrivée en France début janvier et envoyée une semaine plus tard au Mesnil-Amelot, Fariha a été déboussolée plusieurs jours durant et n'a rencontré que tardivement la Cimade, qui apporte des conseils juridiques aux migrants à l’intérieur des centres de rétention. Or le délai pour déposer une demande d’asile en France, après avoir un renvoi en CRA est de cinq jours.

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"Un petit miracle"

Fait rare, la situation de Fariha s’est pourtant débloquée, a appris InfoMigrants auprès de la Cimade. Le dossier de Fariha a été étudié in extremis par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). "C’est un petit miracle car en général les demandes d’asile déposées au-delà de cinq jours sont déclarées irrecevables, à moins de faire preuve d’éléments nouveaux au dossier", explique Nicolas Pernet, responsable rétention Île-de-France de la Cimade.

Dès le mardi 21 janvier, la jeune Afghane a été convoquée à un entretien avec l’Ofpra par visioconférence depuis le CRA. "L’entretien a duré près de trois heures, on s’est dit que c’était bon signe", raconte Nicolas Pernet. En effet, l’Ofpra a décidé de lui accorder la protection. En revanche on ignore si elle a obtenu le statut de réfugié ou la protection subsidiaire.

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Pour autant, malgré sa régularisation, la situation de Fariha reste préoccupante, puisque la jeune femme a décidé de suivre précipitamment son mari en Allemagne, sans attendre d’avoir de titre de voyage et de titre de séjour en France, ce qui est illégal. Malgré sa régularisation en France, l’Afghane risque de faire face à de grandes difficultés pour la reconnaissance de sa demande d’asile en Allemagne, où elle désire vivre aux côtés de son conjoint.

*Le prénom a été modifié.

 

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