L'évacuation du campement de migrants de l'ancienne station-service à Calais, le 28 janvier 2020. Crédit : Human Rights Observers
L'évacuation du campement de migrants de l'ancienne station-service à Calais, le 28 janvier 2020. Crédit : Human Rights Observers

À Calais, un camp de migrants installé sur une ancienne station-service a été évacué mardi. Quelque 145 personnes ont été emmenées dans des bus et 22 migrants en situation irrégulière ont été interpellés.

"Nous assistons à des évacuations tous les jours à Calais", rapporte Clara Houin, coordinatrice de Human Rights Observers et bénévole à l’Auberge des migrants présente sur place. "Mais cette fois-ci il y avait des bus".


L’opération de "mise à l’abri" a été confirmée par la préfecture du Pas-de-Calais, qui a annoncé dans un communiqué mardi 28 janvier, avoir identifié 200 tentes sur le terrain dit "EDC" (ancienne station-service), connu sous le nom de la zone industrielle des Dunes à Calais.

"À 10 h, 145 personnes isolées, réparties dans 5 bus, ont été prises en charge. Par ailleurs, 22 personnes en situation irrégulière ont été interpellées en vue d’un placement en retenue administrative", a précisé la préfecture.

57 expulsions en janvier

D’après Human Rights Observers, il s’agit de la 57ème expulsion "de lieux de vie informels" de migrants depuis le 1er janvier 2020. "Nous assistons à un rythme soutenu de trois expulsions par jours dans trois lieux de vie de Calais, soit une expulsion tous les deux jours par site", rapporte Clara Houin.

Habituellement, les forces de l’ordre demandent aux migrants de déplacer leurs tentes de quelques mètres, avant qu’un service de propreté ne vienne nettoyer les lieux, décrit la bénévole. "La plupart du temps, dès que la police repart, les personnes replacent les tentes là où elles se trouvaient".

Des gendarmes ramassent les tentes des migrants sur le terrain dit de l'ancienne station-service à Calais, le 28 janvier 2020. Crédits : Human Rights Observers
Cette fois, concernant la zone industrielle, la plupart des migrants ont été répartis dans des bus. "Ceux qui ne souhaitaient pas rejoindre des centres d’hébergement avaient quitté les lieux au préalable", indique Clara Houin.

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Augmentation du nombre de migrants à Calais

À la différence des expulsions quotidiennes, celles-ci avaient été signalées par une ordonnance juridique, affichée près de sanitaires mis à disposition des migrants par l’État. Un message que l’Auberge des migrants et les autres associations d’aide ont pris le soin de traduire en plusieurs langues aux migrants.

"Ces occupations occasionnaient de sérieux problèmes de sécurité, de salubrité et de tranquillité en particulier pour les riverains situés juste à proximité et aux alentours. Les différents propriétaires concernés ont saisi le président du Tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer", a précisé la préfecture.


Sur le site de l’ancienne station-service se trouvent majoritairement des Érythréens et des Soudanais. À quelques mètres de là, à l’angle de la rue des Huttes et de la rue des Gravelines, se sont plutôt installés des Iraniens. Parmi ces derniers, une partie aurait aimé pouvoir monter dans les bus de ce matin, mais l’évacuation ne concernait pas leur camp et un périmètre de sécurité d’un kilomètre, selon les associations, avait été installé autour de l’ancienne station-service.

En janvier, les associations d’aide aux migrants à Calais ont observé une augmentation du nombre de migrants présents dans la ville. Près de 850 personnes ont été recensées alors qu’ils étaient 500 à 600 en décembre 2019. La plupart d’entre eux sont des hommes seuls dont de nombreux mineurs, tandis que les familles campent plutôt dans la commune de Grande-Synthe, située à une quarantaine de kilomètres.

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