Des migrants traversent le camp de Moria, sur l'île de Lesbos en Grèce, le 13 décembre 2019. Crédit : Reuters
Des migrants traversent le camp de Moria, sur l'île de Lesbos en Grèce, le 13 décembre 2019. Crédit : Reuters

Deux Afghans de 15 ans et 16 ans, qui vivent dans le camp surpeuplé de migrants sur l’île grecque de Moria, ont été admis à l’hôpital après avoir été poignardés mardi. L’un des deux est dans un état critique.

Un garçon afghan de 15 ans et un autre de 16 ans ont été admis mardi 28 janvier à l’hôpital de Mytilène, sur l’île grecque de Lesbos, après avoir été poignardés à de multiples reprises dans le camp de migrants de Moria, ont annoncé mercredi des médias locaux.

“L’un des deux est dans un état critique”, indique à InfoMigrants Apostolos Veizis, responsable médical de Médecins sans frontières en Grèce.

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Cet acte de violence survient alors que plus de 30 personnes ont déjà été blessées à l’arme blanche depuis le début du mois de janvier lors de rixes qui ont eu lieu à l’intérieur et autour du camp de Moria. Deux d’entre elles ont succombé à leurs blessures.  

Apostolos Veizis rappelle que les conditions sécuritaires sont très mauvaises à Moria. "Il n’y a pas assez de patrouilles de police et l’éclairage n’est pas suffisant", estime-t-il.

"À Moria, les gens perdent toute dignité"

Ce camp abrite actuellement plus de 19 000 personnes pour une capacité de 2 800 places, soit six fois sa capacité d’accueil. Des conditions de vie catastrophiques selon les associations, qui dénoncent régulièrement un manque criant d’infrastructures et de personnels.

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"Ces actes de violences ne répondent à aucune logique, à aucun sens commun, juge Apostolos Veizis. À Moria, la vie elle-même n’a plus de sens. Les gens y perdent toute dignité."

Plus de 1 000 mineurs non-accompagnés se trouvent actuellement dans le camp de Moria, selon MSF. La durée moyenne d'un séjour dans les ‘hotspots’ des îles grecques varie entre cinq mois et un an.

 

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