Image d'archives du gymnase Jeanne-Bernard à Saint Herblain. Crédit : InfoMigrants
Image d'archives du gymnase Jeanne-Bernard à Saint Herblain. Crédit : InfoMigrants

Le gymnase de Saint-Herblain, en banlieue nantaise, a été vidé de ses quelque 800 occupants qui ont tous été relogés, selon l’association mandatée par l’État France Horizon. Les collectifs d‘aide aux migrants, en revanche, dénoncent une fermeture "dans l’urgence", survenue la veille d’une visite de la porte-parole du gouvernement dans les structures d’accompagnement des réfugiés.

Le gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain, en banlieue nantaise, est désormais vide de ses occupants. Les derniers résidents ont quitté les lieux mercredi 29 janvier.

Ouvert par des militants fin 2018, le gymnase était depuis occupé par des centaines de migrants et fonctionnait de manière autonome.

Mais l’État avait finalement repris la gestion du gymnase début octobre 2019 après la mort d’un demandeur d’asile tchadien. En septembre, le tribunal administratif de Nantes avait par ailleurs ordonné à l’État de vider les lieux et de reloger ses occupants sous trois mois.

"Tout le monde a été relogé"

Mandatée par les autorités, l’association France Horizon était chargée de réorienter les quelque 800 migrants présents vers des structures d’hébergement de la région et sur tout le territoire français.

"Tout le monde a été relogé", affirme Conception Mousseau-Fernandez, directrice régionale de France Horizon Pays de la Loire, contactée par InfoMigrants.

Mais les collectifs d’aide aux migrants de la région sont sceptiques et estiment que le gymnase a été évacué et fermé dans la précipitation. "Nous avons retrouvé une quinzaine de migrants du gymnase qui n’avaient pas eu de propositions de logement dans des squats de Nantes", précise à InfoMigrants Stéphane de l’Autre Cantine, qui organise des distributions de nourriture.

"Ils ont fermé dans l’urgence. À noter : la fermeture a eu lieu la veille de la visite à Nantes de Sibeth Ndiaye [porte-parole du gouvernement, NDLR]", qui s'est rendue dans plusieurs structures d’accompagnement des réfugiés, continue-t-il.

"Des campements vont se reformer"

France Horizon assure de son côté avoir appris la venue de Sibeth Ndiaye dans la presse. "Cela n’a aucun rapport", insiste Conception Mousseau-Fernandez. "Dès le 8 janvier, nous savions que le gymnase fermerait à la fin du mois. On aurait même pu fermer dès fin décembre mais la grève des trains a retardé les orientations" vers les centres d’accueil en région.

Début janvier, près de 200 migrants étaient toujours hébergés dans le gymnase Jeanne Bernard, malgré la date butoir du 31 décembre fixée par la justice pour libérer les lieux. À l’époque, le secrétaire général de la préfecture de Loire-Atlantique, Serge Boulanger, avait expliqué à InfoMigrants que la réorientation avait pris du retard en raison du manque de places au sein du dispositif national d’accueil (DNA) et avait assuré que la grève n’avait eu que très peu d’incidences.

La préfecture avait même déclaré chercher un site pour ouvrir une "structure d’hébergement intermédiaire" afin d'accueillir "les dizaines de personnes" qui n’auraient pas encore été relogées dans les centres d’accueil.

Selon les collectifs, des campements risquent de se reformer d’ici quelques mois dans les rues nantaises, faute de solutions pérennes apportées par les autorités. "Les dublinés et ceux ayant reçu une OQTF vont revenir, c’est sûr", affirme Stéphane qui dénonce une "prise en charge relative".

Dès le lendemain de la fermeture du gymnase, des entreprises sont venues murer les entrées du gymnase pour en interdire définitivement l’accès, selon le journal local Ouest France.


 

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