Le camp de la Porte de la Villette a été évacué ce matin 04 février, quelque 400 migrants y vivaient. ©Wasi Mohsin/InfoMigrants
Le camp de la Porte de la Villette a été évacué ce matin 04 février, quelque 400 migrants y vivaient. ©Wasi Mohsin/InfoMigrants

Le dernier campement de migrants de Paris, situé porte de la Villette, a été évacué mardi matin par la police. Les 427 personnes qui y vivaient ont été mises à l’abri dans des gymnases et des centres d'accueil franciliens.

C’était le dernier campement de migrants de Paris. Mardi 4 février, la police a évacué les tentes installées porte de la Villette, notamment au bord du canal Saint-Denis, dans le nord de Paris.

Au total, "427 personnes dont 4 quatre femmes ont été mises à l'abri ce matin lors de l'opération menée à la Porte de la Villette", a indiqué à l’AFP la préfecture de la région Ile-de-France (Prif), qui gère les "mises à l'abri".

Ces personnes sont montées dans des cars vers des gymnases et des centres d'accueil franciliens, où "il restait de la place" après l'évacuation de la Porte d'Aubervilliers, précise la préfecture.

Ce démantèlement survient une semaine après l'évacuation encadrée par un important dispositif policier du camp voisin de la Porte d'Aubervilliers, d'où plus de 1 400 migrants avaient été délogés d'un bidonville en bordure du périphérique.

"Il n'y a plus de campements, c'était l'idée. Et la police va surveiller ce site pour éviter les réinstallations comme elle le fait pour la Porte d'Aubervilliers et la Porte de la Chapelle", souligne-t-on à la Prif.

Selon l’arrêté pris par la préfecture, l'évacuation de la Porte de la Villette était indispensable, la situation devenant explosive pour les migrants qui vivaient dans le campement, dans une "situation sanitaire fortement dégradée sur les sites les accueillant, qui sont jonchés de déchets et d'immondices, parcourus de rats et dégagent une odeur pestilentielle et nauséabonde d'urines et d'excréments".

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'était engagé en novembre dernier à évacuer tous les campements de migrants du nord-est parisien avant fin 2019.

La préfecture de police a depuis opéré un tour de vis sécuritaire, en implantant d'imposants dispositifs policiers sur tous les sites évacués pour empêcher les reformations de camps, à commencer par la Porte de la Chapelle depuis le 7 novembre. "Nous ne recommencerons pas un cycle infini évacuations/réinstallations", avait affirmé la semaine dernière le préfet de police Didier Lallement.

L'association Utopia 56 redoute que cette politique ne provoque "un cycle d'errance" pour les migrants et signale qu'un campement avec une quarantaine de tentes s'est déjà installé ces derniers jours le long du canal à Saint-Denis, en région parisienne. "On met en place des évacuations mais on sait très bien que les 2/3 n'ont pas le droit à un logement car beaucoup sont des dublinés dit 'en fuite'", souffle Florent Boyer d'Utopia 56.


 

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