Une soixantaine de migrants se sont installés dans un bâtiment abandonné à Nantes. Crédit : L'Autre cantine
Une soixantaine de migrants se sont installés dans un bâtiment abandonné à Nantes. Crédit : L'Autre cantine

À Nantes, dans l’ouest de la France, une soixantaine de migrants se sont installés dans un bâtiment désaffecté. L’association qui les accompagne, l’Autre cantine, assure qu’une vingtaine d’entre eux sont passés par le gymnase de Saint-Herblain, repris en main par l’État début octobre et fermé définitivement fin janvier.

Quelques jours après la fermeture définitive du gymnase Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain en banlieue nantaise, où vivaient des centaines de migrants, un autre squat a ouvert ses portes à Nantes près du marché de Talensac.

Depuis début février, une soixantaine de personnes, dont une quinzaine de femmes et d’enfants, ont investi un bâtiment désaffecté de la ville appartenant à l’association sportive gaz électricité de Nantes (Asgen), et laissé vacant depuis un an. Ils sont pour la plupart originaires du Soudan, d’Érythrée, de Guinée et de Côte d’Ivoire.

Une vingtaine d’entre eux viennent du gymnase Jeanne-Bernard, selon l’association l’Autre cantine. Après la fermeture définitive fin janvier, plusieurs migrants étaient restés sur le carreau, selon les associations, en l'absence de solution d'hébergement proposée par les autorités. L’État s’était pourtant engagé début octobre à héberger la totalité des quelque 600 migrants du gymnase.

Tous "les migrants ont été pris en charge et réorientés. Il n’y a donc aucune des personnes de Jeanne-Bernard dans le nouveau squat de Talensac", assure au quotidien 20 Minutes la préfecture de Loire-Atlantique.

Évacuation demandée

Des propos qui sont en dehors des réalités, selon les militants de l’Autre cantine. "La préfecture est dans son rôle mais on est catégorique", affirme Stéphane, membre de l’association. "On peut même leur donner les noms des personnes concernées."

Reste qu’à l’intérieur du bâtiment, la vie s’organise. L’Autre cantine les accompagne pour la mise en place des règles d’hygiène et de sécurité afin d’éviter tout incident. L’association va également organiser des permanences pour conseiller juridiquement les migrants.

Cependant, ce nouveau squat risque de rapidement fermer ses portes. Le propriétaire des lieux a d’ores et déjà déclaré vouloir demander l’évacuation du bâtiment.

Une information accueillie positivement par l’Autre cantine. "Tout ce qu’on demande, c’est que l’État fasse son devoir, à savoir la prise en charge et l’hébergement de tous les exilés", explique encore Stéphane qui ajoute : "Mais pour l’instant, la politique de dispersion mise en place par les autorités empêche les associations d’assurer un suivi et met encore plus les migrants dans une extrême précarité".

 

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