Un migrant est attrapé par des policiers bosniens, samedi 15 février, alors qu'il tente de bloquer une route devant le camp Miral, à Velika Kladusa, en Bosnie. Photo : Reuters
Un migrant est attrapé par des policiers bosniens, samedi 15 février, alors qu'il tente de bloquer une route devant le camp Miral, à Velika Kladusa, en Bosnie. Photo : Reuters

Des migrants du camp Miral à Velika Kladusa, en Bosnie, ont protesté samedi contre les violences qu’ils disent subir de la part de la police aux frontières croate, scandant "Rendez-nous notre argent" et "arrêtez de nous frapper". En réaction, des bagarres ont éclaté entre ces migrants et la police bosnienne, ont rapporté des témoins.

Des heurts ont eu lieu, samedi 15 février, entre la police bosnienne et des centaines de migrants dans un camp surpeuplé de la localité de Vledika Kladusa, en Bosnie, d’après des témoins cités par l’agence Reuters.

Les faits se sont déroulés lors d’une manifestation organisée par des migrants dans le camp Miral, situé à 10 kilomètres de la frontière avec la Croatie, pour dénoncer les traitements violents qu’ils disent subir de la part des garde-frontières croates. Les protestataires, qui se trouvent dans ce camp en attendant de réussir à franchir la frontière avec la Croatie, ont scandé des slogans tels que "Liberté", "Rendez-nous notre argent" et "Arrêtez de nous frapper".

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"La police croate est très, très dure. Nous voulons que les frontières soient ouvertes. S’il-vous-plait, ne nous frappez plus. Ne nous enlevez pas nos vestes, nos chaussures et nos chaussettes. Ils nous prennent tout", a assuré un résident du camp, interrogé par Reuters. Un autre a par ailleurs indiqué que "tout le monde ici [voulait] franchir la frontière pour aller en Italie, en Allemagne ou en France." Le camp Miral abrite quelque 1 000 migrants alors que la capacité d’accueil est de 700 personnes.

Selon des témoins, des bagarres ont alors eu lieu entre des officiers de police bosniens et des migrants. Aucun blessé n’est a priori à déplorer.

La police croate est régulièrement accusée de violences sur les migrants, ainsi que de refoulements abusifs, mais nie tout acte répréhensible.

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Quelque 50 000 migrants ont traversé la Bosnie en 2019, selon les autorités. Le pays fait face à un afflux de migrants venus principalement du Pakistan, d’Afghanistan, d’Irak, du Maroc et de la Syrie depuis que les pays situés sur la route des Balkans, comme la Hongrie ou la Slovénie, ont fermé leurs frontières au pic de la crise migratoire en 2016.

Environ 6 000 personnes sont actuellement bloquées en Bosnie La majorité d’entre elles sont dans les localités de Velika Kladusa et Bihac.

 

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