Des migrants libyens sont arrivés dimanche soir à Lampedusa . Crédit : Mediterranean hope
Des migrants libyens sont arrivés dimanche soir à Lampedusa . Crédit : Mediterranean hope

Un groupe de 16 migrants libyens, originaires de Tripoli, est arrivé dimanche soir à Lampedusa à bord d'une embarcation. Si les départs de Libyens restent marginaux, ce cas de figure est de moins en moins rare, selon le chercheur Jalel Harchaoui. En cause : le sentiment que plus aucun avenir n’est possible en Libye, pays en guerre depuis 2014.

Dimanche soir, un groupe de 16 migrants, parmi lesquels six enfants et cinq femmes dont deux enceintes, a débarqué sur l’île italienne de Lampedusa. Fait rare, l’embarcation était uniquement composée de ressortissants libyens.

"Une femme a déclaré que le bateau était parti de Libye et que les passagers étaient originaires de Tripoli", signale à InfoMigrants Claudia de l’ONG Mediterranean Hope, présente lors de l’arrivée des migrants. "Statistiquement, ce n’est pas courant que des Libyens arrivent en Italie ou même que des navires partis de Libye débarquent ici", continue-t-elle.

Les migrants qui voyagent vers Lampedusa partent généralement des côtes tunisiennes, la distance entre l’île italienne et la ville de Sfax étant de 180 km, contre près de 300 km depuis Tripoli. La traversée depuis la Libye est quasi impossible avec les canots utilisés par les passeurs libyens, des embarcations en bois ou des bateaux pneumatiques.

"Les Libyens ont le sentiment que la guerre ne se terminera pas"

Mais ces migrants libyens ont voyagé vers Lampedusa à bord d’un navire de tourisme, plus grand et plus sécurisé que les bateaux habituels. "Avec un tel bateau, Lampedusa était atteignable", assure Claudia de Mediterranean Hope. Le voyage avait été bien préparé, continue la militante, les migrants voyageant avec des sacs à dos.

Selon le chercheur Jalel Harchaoui, contacté par InfoMigrants, il est de moins en moins rare de voir des Libyens quitter leur pays, malgré un fort sentiment nationaliste. "Au début de la guerre civile, en 2014, le peuple libyen pensait que la transition prendrait du temps mais qu’elle aboutirait. Les gens s’imaginaient reconstruire leur pays. Or, depuis quelques mois, ils n’ont plus d’espoir. Les Libyens ont le sentiment que la guerre ne se terminera pas et donc qu’aucun avenir n’est possible", explique le chercheur spécialiste de la Libye au sein du Clingendael Institute, aux Pays-Bas.

Jalel Harchaoui précise également que les départs se font au sein de la classe bourgeoise, chez les jeunes de 30 à 35 ans. Cependant, "si on observe une augmentation des départs des Libyens, ce phénomène reste pour l’heure encore marginal".

 

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