Le port de Tripoli en feu après un bombardement survenu le 18 février 2020. Crédit : Reuters
Le port de Tripoli en feu après un bombardement survenu le 18 février 2020. Crédit : Reuters

Les autorités libyennes disent avoir libéré 600 personnes, dont des femmes et des enfants, détenus dans un établissement sous le contrôle du ministère de l’Intérieur. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) s’inquiète du sort de ces migrants volatilisés.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué avoir perdu la trace de 600 migrants en Libye. "Des femmes et des enfants de tous âges font partie des disparus, ce sont des personnes vulnérables", a alerté Safa Msehli, porte-parole de l’OIM, contactée par InfoMigrants jeudi 20 février.

Ce groupe de migrants était enfermé dans un établissement sous le contrôle du ministère de l’Intérieur libyen à Tripoli depuis début janvier, après avoir été intercepté en mer Méditerranée et débarqué en Libye par les garde-côtes.

L’OIM indique ne jamais avoir eu l’autorisation d’accéder à ce centre. "Ce que nous savons c’est que le gouvernement libyen dit avoir libéré les 600 migrants, mais nous n’avons aucun signe de vie d’eux. Nous sommes très inquiets. Nous avons demandé des éclaircissements aux autorités libyennes", a précisé Safa Msehli. 

Bombardements d’un port de débarquement des migrants

Sur place, la situation humanitaire continue de se détériorer, 10 mois après le début de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar sur Tripoli, a prévenu l’OIM.

Dernier incident en date, quelques heures à peine avant un débarquement de migrants interceptés en Méditerranée mardi : le port maritime de Tripoli ainsi que celui d'al-Chaab, un port secondaire, ont été la cible de plus de 15 roquettes. C’est la première fois que ces ports sont ciblés par de si lourds bombardements.

"La Libye ne peut pas attendre", a réagi Federico Soda, chef de la mission de l'OIM en Libye, dans un communiqué. Dans un appel à la communauté internationale émis après cet incident, l’organisation enjoint plus spécifiquement l’Union européenne à réagir au plus vite en prenant "des mesures concrètes pour s'assurer que les vies sauvées en mer soient acheminées vers des ports sûrs, et pour mettre fin au système de détention arbitraire".

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L'OIM plaide pour "un mécanisme de débarquement rapide et prévisible, dans lequel les États méditerranéens prennent une responsabilité égale pour trouver un port sûr aux personnes secourues". Il demande aussi la reconnaissance des "efforts de sauvetage des navires des ONG opérant en Méditerranée" et une levée "de toute restriction et tout retard dans le débarquement".

Au moins 1 700 migrants ont été interceptés et renvoyés en Libye par les garde-côtes libyens depuis le début de la nouvelle année, selon l’OIM.

 

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