L'actuel camp de migrants de Samos, prévu pour 680, en accueille aujourd'hui près de 7000. Crédit : InfoMigrants
L'actuel camp de migrants de Samos, prévu pour 680, en accueille aujourd'hui près de 7000. Crédit : InfoMigrants

Un nouveau camp fermé est en construction sur l’île de Samos mais les habitants s’opposent à son ouverture. Ils réclament le départ de tous les migrants de l’île.

La colère gronde à Samos contre l’ouverture du nouveau centre fermé pour migrants. Des centaines de conteneurs ont déjà été installés mais les habitants de cette île de la mer Égée réclament le départ des migrants.

"Nous sommes opposés à l'idée de ce camp ; nous ne voulons pas que Samos et les autres îles grecques de la mer Égée deviennent des entrepôts d'âmes", assure Nikos Ftinogiannis, l'un des habitants.

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Le nouveau centre de Samos d'une capacité d'environ 1 200 personnes doit permettre de désengorger les camps des cinq îles de la mer Égée, dont Samos, où vivent dans des conditions sordides plus de 38 000 demandeurs d'asile pour théoriquement 6 200 places.

En novembre dernier, le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakisa a annoncé la fermeture des camps actuels et la construction d'ici l'été de nouveaux "camps fermés".

Si les travaux ont pris du retard sur la plupart des îles, à Samos le camp serait presque prêt. Les habitants estiment, eux,  qu’"il n'y a plus de place à Samos". "Il faut que les migrants partent de l'île", dit Nikos Ftinogiannis, 62 ans, employé et élu local.

Prévu pour 680 personnes, le camp de Samos en accueille 6800

"Ces gens sont venus pour y rester (...), nous voulons qu'ils partent de Samos, qu'ils aillent dans d'autres pays", s'indigne, de son côté, le sexagénaire Giannis Hatzikalis, habitant de Mitilinii, dont la population s'élève à 1 900 personnes.

Samos n’est pas la seule île grecque touchée par une vague de protestation contre l’installation de camp de migrants. Les habitants et les maires des îles de Lesbos et Chios – deux autres îles où sont situés depuis 2015 les plus grands centres d'accueil et d'enregistrement de migrants - ont également protesté ces dernières semaines en multipliant leurs manifestations contre la construction de nouveaux camps.

Le camp actuel de Samos, situé près du port de Vathy et initialement prévu pour 680 personnes, compte actuellement 6 800 demandeurs d'asile. La moitié des demandeurs d’asile sont des femmes et des enfants, selon le HCR.

Après avoir été devancée par l’Espagne en 2018, la Grèce est redevenue en 2019 la première porte d'entrée en Europe des migrants. Les demandes d'asile s'accumulent et des dizaines de milliers de personnes attendent des mois voire des années ce "premier entretien" avec les services d'asile.

Plus de 10 000 personnes ont été transférées ces derniers mois sur le continent mais les arrivées de nouveaux demandeurs d'asile des proches côtes turques se poursuivent quotidiennement.


 

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