Environ 1 400 migrants sont détenus dans les deux centres de Marsa (photo) et Hal Safi à Malte. Crédit : Anne-Diandra Louarn / InfoMigrants (Archive)
Environ 1 400 migrants sont détenus dans les deux centres de Marsa (photo) et Hal Safi à Malte. Crédit : Anne-Diandra Louarn / InfoMigrants (Archive)

Un tribunal maltais a condamné 19 migrants à des peines allant de 9 mois à un an d’emprisonnement pour leur implication dans une émeute survenue en octobre au centre de rétention d’Hal Safi. Les soulèvements contre la rétention arbitraire de migrants à Malte se multiplient.

Dix-neuf migrants ont écopé, lundi 24 février, de peines de prison de 9 mois à un an pour rassemblement illégal et troubles à l’ordre public, ainsi que dégradation de biens appartenant à l’État, d’après le quotidien Times of Malta.

Ils avaient participé à un soulèvement, qui a eu lieu en octobre 2019 au sein du centre de rétention de Hal Safi, situé dans le sud de l’île européenne de Malte. Durant cette émeute, des lits superposés, des téléviseurs et des caméras de surveillance ont été endommagés, a indiqué le tribunal maltais qui les a jugés.

Des soulèvements à répétition

Les participants n'étaient à Malte que depuis quelques mois au moment des émeutes, avaient un casier judiciaire vierge, d'après le tribunal. En outre, ils ont depuis présenté leurs excuses et exprimé leur gratitude envers le personnel du centre de rétention.

 À la lumière de ces considérations, la justice maltaise a condamné 18 des accusés à une peine de prison d'un an, moins la durée de la détention préventive. Un autre membre du groupe, un jeune de 17 ans, a été condamné à une peine de 9 mois.

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Début janvier, 22 autres avaient migrants été condamnés à neuf mois de prison pour leur implication dans une violente émeute survenue le 6 janvier. Les émeutiers voulaient protester contre la privation de liberté et leurs conditions de vie.

Des migrants, dont des demandeurs d’asile, retenus sans justification

Selon un récent décompte de l’ONU, quelque 1 400 migrants sont retenus dans les deux centres maltais d’Hal Safi et de Marsa, sans aucune justification. Il s’agit majoritairement de demandeurs d’asile secourus en Méditerranée par la marine maltaise ou par les navires humanitaires au large de la Libye. Certains arrivent aussi à attendre les côtes maltaises par leurs propres moyens.

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Officiellement, le gouvernement justifie ce placement en rétention par des contrôles sanitaires qui ne doivent pas dépasser deux semaines. Mais dans les faits, cette étape s’étire sur plusieurs mois durant lesquels les migrants sont privés de liberté, de leur téléphone mobile et des effets personnels avec lesquels ils sont arrivés, y compris leur argent liquide.

À plusieurs reprises déjà en 2019, des migrants retenus ont manifesté pour réclamer leur liberté. Des voitures avaient été incendiées et des biens publics lourdement endommagés.

 

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