Ces hommes font partie des rescapés du Sea Watch 3 secourus la semaine dernière au large de la Libye. Crédit : Sea-Watch / Twitter
Ces hommes font partie des rescapés du Sea Watch 3 secourus la semaine dernière au large de la Libye. Crédit : Sea-Watch / Twitter

Le Sea Watch 3 a été autorisé mardi soir à jeter l'ancre à Messine en Sicile après avoir attendu l'attribution d'un port sûr pendant une semaine. Quelque 190 rescapés se trouvent à bord du navire humanitaire allemand.

À bout de patience et après sept jours d'attente en mer, l'équipage du Sea Watch 3 s'est réjoui, dans la soirée du mardi 25 février, de pouvoir débarquer ses 194 rescapés. "Le Sea Watch 3 a un havre de paix !", s'est exclamée l'ONG allemande du même nom sur Twitter, partageant également une photo de ses rescapés en liesse. "L'Italie nous a attribué un refuge. Nous faisons maintenant route vers le port de Messine et sommes heureux de mettre enfin nos passagers en sécurité."

Alors que l'Ocean Viking affrété par SOS Méditerranée en partenariat avec Médecins sans Frontières (MSF) a pu débarquer dimanche ses 276 migrants en Sicile, le Sea Watch 3, lui, affirme avoir demandé trois fois à Malte et à l’Italie l’autorisation de débarquer ses naufragés, sans recevoir de réponse positive. L'équipage a alors dû alerter la Commission européenne de l'impasse dans laquelle il se trouvait. "Un capitaine n’est pas un diplomate et ne devrait pas engager de négociations entre les États" pour une répartition des migrants secourus en mer, a commenté Sea-Watch sur Twitter. L'attribution d'un port sûr est arrivée quelques heures plus tard.

Mais alors que le Sea Watch 3 mettait le cap sur Messine, la plateforme téléphonique d'urgence Alarm Phone a reçu des appels de détresse pour deux embarcations en péril, au large des côtes libyennes. Dans l'impossibilité d'intervenir, le Sea Watch 3 a alors appelé les autorités maltaise et italienne à intervenir au plus vite. "C'est un devoir humain et légal", a tweeté l'ONG.

Selon le compte Migrant Rescue Watch qui suit de près les opérations des garde-côtes libyens, quelque 160 migrants sur quatre embarcations ont été interceptés et ramenés en Libye mardi. Or, nombre d'ONG dénoncent ces interceptions et les retours des migrants en Libye, qu'elles ne considèrent pas comme un port sûr.

Actuellement, plus aucun navire humanitaire n’est présent au large des côtes libyennes. L’Ocean Viking, qui a débarqué dimanche ses rescapés, est bloqué en quarantaine au large de Pozzalo pendant 14 jours, en raison de l’épidémie de coronavirus. Il est également fort probable que le Sea Watch 3 doive subir le même sort une fois qu'il aura jeté l'ancre à Messine.

 

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