Janez Jansa après les élections de juin 2018 à Ljubljana, la capitale de Slovénie. Crédit : Reuters
Janez Jansa après les élections de juin 2018 à Ljubljana, la capitale de Slovénie. Crédit : Reuters

Le conservateur et anti-migrants Janez Jansa a été nommé, pour la troisième fois depuis 2004, Premier ministre de la Slovénie. Son accord de coalition gouvernemental prévoit de durcir sa politique en matière d'asile et de renforcer les contrôles aux frontières de ce petit pays de deux millions d'habitants situé sur le route migratoire des Balkans.

C'est un personnage bien connu des Slovènes qui fait son retour à la tête du pays : le conservateur anti-migrants Janez Jansa a été désigné Premier ministre de la Slovénie, mercredi 26 février, par le président Borut Pahor. Le nouveau chef du gouvernement avait annoncé la veille avoir signé un pacte de coalition avec trois autres formations représentées au parlement.

Le précédent gouvernement de centre gauche est tombé en janvier, après que l'ex-Premier ministre Marjan Sarec s'est retiré pour cause de luttes intestines au sein de sa coalition minoritaire. Avec sa nouvelle alliance, le Parti démocrate slovène (SDS) de Janez Jansa dispose de 48 sièges sur les 90 que compte le Parlement slovène. La nouvelle majorité s'est d'ores et déjà mise d'accord sur la réintroduction progressive d'un service militaire de six mois mais aussi un renforcement des contrôles aux frontières et un durcissement de la politique d'asile.

"Je m'attends à ce que nous tous, y compris le nouveau Premier ministre et son équipe, nous abstenions de faire des déclarations ou des actes offensants, voire hostiles", a prévenu le président Borut Pahor lors d'une conférence de presse tenue aux côtés de Janez Jansa. "Nous pouvons avoir des points de vues différents sans pour cela exprimer cette diversité en s'en prenant à la dignité d'autrui", a-t-il poursuivi, soulignant l'importance de "maintenir et développer un sentiment inclusif et positif parmi la population, en plus de l'action législative et exécutive" du gouvernement.

Des propos qui sonnent comme une mise en garde envers celui qui a fait de l'immigration et de la stigmatisation des étrangers une des composantes phare de sa rhétorique aux accents xénophobes empruntée au Premier ministre hongrois Viktor Orban dont il est un fervent admirateur. Omniprésent sur la scène politique slovène depuis l'indépendance en 1991 de cette ex-république yougoslave, Janez Jansa était arrivé en tête lors des dernières élections de 2018 en faisant campagne autour du spectre d'une "invasion" migratoire de son pays situé sur la route des Balkans. Ne parvenant pas à trouver d'alliés pour entrer au gouvernement, c'est finalement un ancien comédien de 42 ans, Marjan Sarec, qui avait pris la place de Premier ministre.

Trois mandats de Premier ministre et une peine de prison

Janez Jansa n'en n'est pas à son coup d'essai. Le sexagénaire a déjà gouverné la Slovénie entre 2004 et 2008, puis entre 2012 et 2013. Il avait été obligé d'écourter son deuxième mandat à la suite d'une condamnation pour corruption, suivie de plusieurs mois d'emprisonnement en 2014. Après avoir obtenu l'annulation du jugement la même année, le dirigeant conservateur avait construit son retour au devant de la scène politique grâce à ses positions anti-migrants et au soutien de Viktor Orban qui n'a pas hésité à qualifier Janez Jansa de "garant de la survie du peuple slovène".

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Le dirigeant slovène a également pu compter, durant sa campagne, sur l'appui de médias financés par des fonds hongrois. Le site d'investigation slovène Necenzurirano a d'ailleurs récemment publié une série de documents démontrant que des compagnies liées à Viktor Orban avaient investi environ 1,5 million d'euros ces deux dernières années dans une télévision et une maison d'édition slovènes fondées par le SDS de Janez Jansa.

Le Parlement slovène doit se prononcer d'ici la semaine prochaine pour confirmer ou non la nomination de Janez Jansa. Une formalité, selon le chef de l'État, qui précise que la liste des ministres formant le nouveau gouvernement devrait être complète dans le courant du mois de mars. Les prochaines législatives sont prévues en 2022.

 

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