Des migrants marchent parmi les gaz lacrymogènes vers la frontière greco-turque, le 2 mars 2020. Crédit : Leonhard Foeger / Reuters
Des migrants marchent parmi les gaz lacrymogènes vers la frontière greco-turque, le 2 mars 2020. Crédit : Leonhard Foeger / Reuters

Devant l'afflux de milliers de migrants en provenance de Turquie, le gouvernement grec a dépêché l'armée pour renforcer la surveillance de ses frontières et a annoncé n'accepter aucune demande d'asile pour les 30 prochains jours.

"N'essayez pas d'entrer en Grèce illégalement, nous vous renverrons." Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a martelé, dimanche 1er mars, sa position ferme quant aux milliers de migrants qui se pressent à la frontière greco-turque et vers les îles égéennes pour tenter de gagner l'Europe.

Outre le renforcement des patrouilles aux frontières maritimes et terrestres du pays, Kyriakos Mitsotakis a également annoncé "qu'aucune nouvelle demande d'asile ne sera acceptée pendant un mois". Il s'agit d'une mesure d'urgence provisoire tel que le prévoit l'article 78.3 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne invoqué par le chef du gouvernement grec qui veut s'assurer d'avoir "le soutien total" des Vingt-sept.

Kyriakos Mitsotakis se rendra sur place mardi, aux côtés du président du Conseil européen, Charles Michel.

La Grèce a été la principale porte d'entrée de centaines de milliers de réfugiés venus d'Asie ou d'Afrique lors de la crise migratoire de 2015-2016. Elle a retrouvé cette première place à l'été 2019. Depuis, quelque 40 000 migrants et demandeurs d'asile s'entassent dans les camps insalubres des îles égéennes de Lesbos, Samos, Chios, Kos et Leros. Débordée par les dossiers, l'administration grecque ne parvient pas à tenir la cadence. Certains migrants doivent actuellement attendre des mois voire des années pour obtenir leur premier rendez-vous d'asile.

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La Turquie a annoncé jeudi qu'elle cesserait de bloquer le passage de centaines de milliers de migrants vers l'Union européenne, comme elle s'y est engagée par un accord avec Bruxelles en 2016. Elle invoque l'intensification des combats dans la région syrienne d'Idlib qui provoque un nouvel afflux de réfugiés vers son territoire. Mais Ankara reproche également à l'Europe de tarder à verser les fonds promis à la Turquie pour l'aider à prendre en charge 3,7 millions de réfugiés syriens sur son sol.

Samedi soir, l'ONU avaient recensé 13 000 migrants massés le long des 212 km de frontière entre la Grèce et la Turquie, le long du fleuve Évros. D'après une source gouvernementale grecque citée par l'AFP, les autorités ont bloqué en 24 heures l'entrée de 15 500 migrants le long du fleuve.

 

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