Photo de l'une des "zones de transit" hongroises gardée par l'armée, à la frontière entre la Hongrie et la Serbie. Crédit : picture-alliance/Photoshot/A. Volgyi
Photo de l'une des "zones de transit" hongroises gardée par l'armée, à la frontière entre la Hongrie et la Serbie. Crédit : picture-alliance/Photoshot/A. Volgyi

Le gouvernement hongrois a estimé dimanche qu'un nouvel afflux de migrants clandestins pourrait propager le coronavirus dans le pays, bien qu'aucun cas n'y ait été détecté. Plus aucun migrant ne peut désormais transiter ou demander l'asile en Hongrie et ce jusqu'à nouvel ordre.

Hasard du calendrier ou manœuvre politique ? La Hongrie a décrété dimanche 1er mars qu'elle fermait l'accès de ses "camps de transit" frontaliers aux demandeurs d'asile en raison des risques de propagation du coronavirus, au moment même où des milliers de migrants clandestins tentent de rallier l'Union européenne (UE) depuis la Turquie.

Cette mesure prise pour une période "indéfinie" a été annoncée par Gyorgy Bakondi, conseiller du Premier ministre nationaliste Viktor Orban. "Nous voyons un certain lien entre le coronavirus et les migrants illégaux", a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse. Pour l'heure, aucun cas de coronavirus n'a été rapporté dans le pays.

Depuis la crise migratoire de 2015, la Hongrie, dirigée par un gouvernement hostile à l'accueil des migrants, a construit une clôture partiellement électrifiée tout le long de sa frontière avec la Serbie, et de celle avec la Croatie. Stoppés par cette barrière, les migrants qui souhaitent entrer en Hongrie n'ont d'autre choix que de passer par l'une des deux "zones de transit" installées à la frontière. 

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Ces zones sont en fait des camps entourés par des barbelés où les migrants vivent dans des conteneurs, le temps que leur demande d'asile soit examinée. Celle-ci est systématiquement rejetée si, en vertu du Règlement Dublin 3, il est prouvé qu'ils sont passés par la Serbie ou la Grèce, considérés comme des pays sûrs.

Les migrants ne sont que très peu chaque semaine à être admis dans ces "zones de transit". Selon Gyorgy Bakondi, 321 personnes s'y trouvent actuellement.

Les "zones de transit" hongroises ont été largement critiquées par les défenseurs des droits et par l'UE comme étant des centres de "rétention". La Commission européenne dénonçant en outre un manque de soins et de nourriture. Il s'agit également, depuis 2017, du seul lieu où une demande d'asile peut être déposée.

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La mesure annoncée dimanche par Budapest revient à "fermer l'accès à l'asile" dans le pays, a déploré l'ONG hongroise Comité d'Helsinki. Mais pour Budapest, il s'agit de se protéger contre un nouvel afflux de migrants alors que la Turquie a laissé se diriger depuis vendredi des milliers de migrants vers la frontière avec la Grèce, porte d'entrée de l'UE. 

"La Hongrie n'ouvrira [pas ses frontières] ou ne laissera passer personne", a martelé Gyorgy Bakondi, ajoutant que des renforts policiers et militaires seraient envoyés aux frontières du pays qui avait vu transiter des dizaines de milliers d'exilés au pic de la crise migratoire de 2015.

 

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