Farid Walizadeh est determiné à devenir un champion | Photo: Reuters/R. Marchante
Farid Walizadeh est determiné à devenir un champion | Photo: Reuters/R. Marchante

Un jeune réfugié afghan a découvert la boxe voilà quelques années en arrivant au Portugal. Désormais étudiant en architecture, il espère pouvoir participer aux Jeux olympiques organisés cet été au Japon.

Farid Walizadeh s'apprête à disputer en mars à Londres sa première épreuve de qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo prévus cet été. 


"Etre un réfugié et penser aux Jeux olympiques est comme un rêve. Après avoir tout perdu j’avais aussi perdu l’espoir, mais là j’ai à nouveau confiance de le retrouver. Quand je me réveille à 5 heures du matin pour m’entraîner, je me dis que c’est un nouveau jour pour montrer que je peux le faire"
_ Farid Walizadeh

Âgé de 22 ans, ce boxeur de haut niveau a passé la majeure partie de sa vie à devoir se battre pour survivre. Son père meurt alors qu’il n’est encore qu’un bébé. Sa mère, faisant l’objet de persécution religieuse, est contrainte de fuir vers le Pakistan et elle confie son fils à une autre famille. Dans une interview accordée au magazine portugais Visao, Farid explique qu’après le décès de sa mère adoptive quelques années plus tard, son père adoptif paya des trafiquants pour l’aider à partir. 

L’argent ne suffisant pas pour voyager à dos d’âne, Farid, alors âgé de 8 ans, marche alors une grande partie de la route. "J’ai vécu des choses que la plupart des adultes n’ont pas eu à traverser alors que j’étais qu’un enfant", a-t-il expliqué à la revue. Il part avec un groupe d’environ 200 personnes. Pendant le voyage, à travers les montagnes arides et froides d’Afghanistan, la taille du groupe se réduit progressivement. En arrivant au Pakistan, Farid tombe du camion qui le transporte. Il continue seul la route vers la frontière turco-iranienne.

Il finit par atteindre Istanbul et à être pris en charge par un orphelinat. C’est pour ventiler sa rage et se défendre contre d’autres jeunes qui le harcèlent que Farid commence à s’entraîner au kung-fu et au taekwondo. "Personne ne me protégeait à l’école ou dans la rue", a-t-il récemment raconté à l'agence de presse Reuters. 

Sa vie au Portugal

Après cinq ans passés à Istanbul, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés emmène Farid au Portugal. Il est pris en charge par une organisation d’accueil pour les enfants réfugiés (CACR) à Lisbonne. "Tout ce que je connaissais du Portugal, c'était Cristiano Ronaldo. Mais je me suis dit qu'en y allant, je pourrais démarrer une nouvelle vie."

Farid continue à pratiquer les arts martiaux dans la capitale portugaise puis se met à la boxe. Il a 15 ans lorsqu'il explique à une responsable au CACR : "J’ai l’intention de devenir un champion, je sais que je le serai".  Cinq mois plus tard, il devient champion de boxe en catégorie cadet moins de 57 kilos.

Farid Walizadeh en décembre 2019 | Photo: GLOBAL REFUGEE FORUM via olympic.org

Quelques mois plus tard, Farid Walizadeh décroche le prix des droits de l’homme décerné par le Parlement du Portugal. Reste que sans la nationalité portugaise, les opportunités de carrière sont limitées pour lui. À 18 ans, il commence alors à travailler la nuit dans un hôtel et à suivre des études le jour, dans l’espoir d’atteindre un autre de ses objectifs, celui de devenir architecte. Il suit d'ailleurs désormais des cours pour pouvoir exercer cette profession.

Rêve olympique

Le comité olympique portugais garde néanmoins un œil sur lui. Et Farid a obtenu en mars 2019 une bourse d’étude du Comité international olympique pour s’entraîner à plein temps en vue des Jeux olympique qui se dérouleront l'été prochain au Japon.


Farid Walizadeh pendant une session d’entraînement à Lisbonne, février 2020 | Photo: Reuters/R. Marchante

Le but de Farid est d'intégrer à Tokyo l’équipe olympique des réfugiés. Son entraîneur, Paulo Seco, explique dans le le magazine Visao que le défi sportif est très relevé: "Nous essayons de faire en moins de deux ans ce qui en prend quatre habituellement". 

Pour Farid, tout est possible : "Je veux décrocher une médaille. C’est pour cela que je me bats tous les jours". Le jeune Afghan affirme vouloir montrer aux gens qu’ils ont une seconde chance s’ils le veulent. "C’est pour cela que je veux aller aux Jeux olympiques. Je si peux, je le ferai".

Traduction : Marco Wolter

Avec Reuters

 

Et aussi