Crise migratoire : à Lesbos, l’hospitalité fait place à l’hostilité

Un centre d'accueil pour réfugiés sur l'île grecque de Lesbos a été incendié samedi. Selon l'ONG suisse qui gérait le bâtiment, celui-ci a été "sérieusement endommagé", mais aucune victime n'a été rapportée.

Sous tension en raison d'une nouvelle vague de demandeurs d'asile, à Lesbos, l'hospitalité a fait place à l'hostilité. Dernier exemple en date : un centre d'accueil pour réfugiés a été incendié samedi 7 mars, ont constaté des correspondants de l'AFP.

Le bâtiment, géré par l'ONG suisse One Happy Family, "a été sérieusement endommagé, nous ne pouvons en dire davantage pour le moment", a indiqué une source au sein de l'ONG, qui n'a pas fait état de victimes.


Des habitants de l'île et des membres de l'extrême droite grecque ont récemment protesté contre l'arrivée à Lesbos de plus de 1 700 migrants et réfugiés venus de Turquie, qui sont s'ajoutent aux quelque 38 000 déjà entassés dans des camps surpeuplés.

Dans un contexte marqué ces dernières semaines par l'opposition de la population locale à la mise en place de camps de rétention supplémentaires sur l'île, le nouvel afflux de canots chargés de migrants avait suscité une explosion de colère à l'encontre des travailleurs humanitaires et des journalistes en particulier.

Samedi, le ministère grec des Migrations a annoncé que deux nouveaux camps provisoires allaient être construits sur le continent, à Serres (nord) et dans la région d'Athènes, avec une capacité d'accueil de 1 000 places. Des habitants de la région de Serres ont manifesté cette semaine pour refuser cette installation, alors que circulait déjà la rumeur du choix de leur localité.

Vers une accalmie migratoire ?

Samedi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a donné l'ordre aux gardes-côtes d'empêcher les migrants de traverser la mer Égée, indiquant une possible accalmie dans la crise migratoire entre la Turquie et l'Union européenne.

Le service des gardes-côtes turcs a par ailleurs assuré avoir sauvé jeudi 97 migrants en danger, accusant les Grecs d'avoir "dégonflé leurs trois bateaux et les avoir laissé dériver, à moitié en train de couler".

Ankara et Athènes échangent continuellement des accusations concernant les migrants, les Turcs dénonçant la brutalité des Grecs à l'encontre des migrants, les Grecs accusant la Turquie de les pousser et même de les aider à passer en Grèce.

De nouveaux heurts ont opposé samedi pendant plusieurs heures la police grecque et les migrants massés à la frontière avec la Turquie. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour repousser les migrants qui tentaient de franchir les grilles au poste-frontière de Pazarkule (appelé Kastanies, côté grec). Ceux-ci leur jetaient des pierres et criaient "ouvrez les portes", selon des journalistes de l'AFP sur place.

Des milliers de migrants tentent de passer la frontière entre la Turquie et la Grèce depuis que le président turc a annoncé le 29 février qu'il cessait de respecter un accord de mars 2016 avec l'Union européenne prévoyant que les migrants restent en Turquie, en échange d'une aide financière européenne à Ankara.

Avec AFP

Texte initialement publié sur : France 24

 

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