436 migrants, dont des familles avec enfants, ont été emmenés dimanche 15 mars dans un centre fermé, mis sur pied à la hâte, dans la ville de Malakasa, dans la région d'Athènes. Crédit : DR
436 migrants, dont des familles avec enfants, ont été emmenés dimanche 15 mars dans un centre fermé, mis sur pied à la hâte, dans la ville de Malakasa, dans la région d'Athènes. Crédit : DR

Plus de 400 migrants, qui étaient entassés depuis le 4 mars à bord d'un bateau militaire dans le port de Mytilène, à Lesbos, ont été conduits ce week-end dans un nouveau centre à Malakasa, sur le continent, dans l'attente de leur expulsion selon la Croix-Rouge. Installé à la hâte, ce centre est constitué de tentes et de sanitaires portables.

Le bateau militaire transportant plusieurs centaines de migrants a quitté l'île de Lesbos ce week-end pour rejoindre la Grèce continentale, ont annoncé les autorités grecques dans un communiqué. Les 436 migrants à bord, dont des familles avec enfants, ont été emmenés dimanche 15 mars dans un centre fermé, mis sur pied à la hâte, dans la ville de Malakasa, dans la région d'Athènes.

Il s'agit d'un terrain entouré de grilles surmontées de fil de fer barbelé sur lequel ont été plantées des tentes pouvant accueillir chacune une dizaine de personnes, selon un migrant présent sur place contacté par InfoMigrants. À l'entrée, la température de chaque individu a été prise par des équipes de la Croix-Rouge, afin d'identifier de possibles cas de contamination au coronavirus.

"Le transfert (vers ce centre équipé de 1 000 places, NDLR) a commencé samedi et se poursuivra la semaine prochaine avec celui d'autres personnes arrivées sur les îles après le 1er mars", a affirmé le ministère grec des migrations dans un communiqué.

Dans le camp de Malakasa, les migrants ont désormais accès à des douches, après avoir passé plusieurs jours sans pouvoir se laver sur le bateau. "Il y a des douches en préfabriqués et de l'eau chaude, on est contents", commente Fabrice*, un migrant congolais joint par téléphone, qui ajoute avoir très froid, même sous la tente.  

>> À lire : Grèce : aide de l’UE pour le retour volontaire de 5 000 migrants sur les îles grecques

Ces personnes, arrivées entre le 1er et le 4 mars de Turquie, avaient auparavant été détenues à bord d'un bateau amarré dans le port de Mytilène durant dix jours. Suite à "l'ouverture des frontières" décrétées par Ankara et à l'afflux de migrants qui s'en est suivie, les autorités grecques ont gelé les procédures d'asile et ont indiqué qu'elles entendaient "renvoyer dans leur pays" les personnes arrivées après le 1er mars en Grèce de manière illégale.

"On ne nous a rien expliqué"

Pour l'heure, les autorités n'ont pas donné de détails quant au sort de ces personnes. "Ces migrants ont été transférés dans l'attente de leur expulsion", affirme Georgia Trismpioti, une membre de la Croix-Rouge en Grèce contactée par InfoMigrants. Dans le centre, ces personnes sont considérées comme détenues et n'ont pas le droit de sortir.

"On ne nous a rien expliqué, on ne nous a même pas parlé", explique Fabrice. "On ne sait pas combien de temps on va rester ici. Il y a des policiers et des militaires, et le camp est cadenassé."
Le centre de Malakasa dans la rgion dAthnes est un terrain entour de grilles surmontes de fil de fer barbel sur lequel ont t plantes des tentes pouvant accueillir chacune une dizaine de personnes Crdit  DRCette situation ne rassure pas Fabrice qui explique que la majorité des passagers du bateau redoutaient, lors de leur transfert, d'être renvoyés directement en Turquie. "Une vingtaine de personnes, des Syriens et des Afghans, se sont échappés du bateau avant le départ", assure-t-il. "Ils avaient trop peur d'être renvoyés dans leur pays d'origine par les Turcs. Je ne sais pas comment ils ont fait pour s'enfuir mais si j'avais pu, j'aurais fait comme eux." 

Selon le ministère des migrations, l'autre camp, situé à Serres dans le Nord, va lui aussi être mis à la disposition des autorités. "D'ici à samedi, tous les migrants arrivés illégalement sur les îles grecques après le 1er mars auront été transférés dans les camps de Malakasa et de de Serres", a précisé le communiqué.

*Le prénom a été modifié.

 

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