La mise sous quarantaine du centre de Suhl doit durer au moins 14 jours | Photo: Picture-alliance
La mise sous quarantaine du centre de Suhl doit durer au moins 14 jours | Photo: Picture-alliance

Plus de 500 migrants ont été mis en quarantaine dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile après qu’un homme a été testé positif au nouveau coronavirus.

Depuis une semaine, les 533 résidents d’un centre pour demandeurs d’asile à Suhl dans la région de Thuringe sont placés en quarantaine. L’un d’eux a été testé positif au Covid-19. Cette situation de confinement a entraîné plusieurs jours de "perturbations" crées par un petit groupe de résidents récalcitrants, selon la chaîne de télévision allemande privée RTL. 

Pendant le week-end, certains ont tenté de quitter le centre en escaladant la clôture de sécurité du site. Ils auraient également tiré des projectiles sur les services de secours, d’après la police. Lundi dernier, un groupe de 15 à 20 personnes bloquait en partie l’accès à la cantine. Les forces de l’ordre ont affirmé que les protestataires utilisaient des enfants comme bouclier humain pour repousser la police.

Celle-ci a fini par mobiliser une unité spéciale, munie de vêtements et de masques de protection, pour pénétrer dans le centre. D’après la police, des échanges ont ensuite permis de faire redescendre la tension.

RTL affirme néanmoins que la police est revenue le lendemain avec des canons à eau. "Il y a eu d’importantes perturbations depuis les début de la mise en quarantaine", a expliqué le policier Patrick Martin à la chaîne. 22 personnes ont ensuite été transférées vers une ancienne prison pour mineurs à Arnstadt pour poursuivre le confinement.

Des symptômes bénins

Selon plusieurs médias, l’homme testé positif au coronavirus est de nationalité afghane. Il ne présentait que des symptômes bénins qui n’ont pas nécessité d’hospitalisation. L’homme a été pris en charge par les médecins du centre, d’après le Dr Marion Peterka.

Après la découverte de ce premier cas, deux autres résidents ont également passé le test puisqu’il présentaient des symptômes, dont de la fièvre. D’après Marion Peterka, la situation dans le centre est "précaire". Selon elle, le personnel, dont les gardiens, le staff médical et le personnel en cuisine est également exposé aux risques de contagion.

"Abandonnés"

Les demandeurs d’asile du centre de Suhl se sentent "abandonnés", selon un résident. S’adressant à des journalistes locaux à travers la clôture de sécurité, l’homme a expliqué que les familles avec des enfants étaient inquiètes. "Nous voulons des masques de protection, mais nous n’en recevons pas".

"Nous voulons passer des examens médicaux et faire le test pour être sûrs et pour que les personnes en bonne santé puissent quitter le centre comme d’habitude", a assuré le demandeurs d’asile. "Nous essayons de rester calmes, mais je ne sais pas si cela va rester comme ça si on nous garde enfermé ici plus longtemps".

La police a déployé une unité spéciale pour se rendre dans le centre de Shhl placé en quarantaine. | Photo: Picture-alliance/dpa
Un grand nombre de bénévoles ont proposé leur aide pour expliquer la situations aux résidents dans leur langue maternelle et participer au travail de sensibilisation. Le ministre régional de la Migration Dirk Adams, qui s’est rendu à Suhl le week-end dernier, a salué les efforts de ces bénévoles, mais aussi des autorités et de la police.

Comme personne ne peut quitter le site, les courses des résidents ont été directement livrées au centre, dont des cigarettes et des sucreries pour les enfants. Les autorités seraient entrain de tenter d’obtenir davantage de masques pour offrir aux résident "au moins une protection de base", a affirmé Frank Roßner qui dirige l’administration régionale de Thuringe. 

Le cas de Suhl n’est pas isolé. Des cas de contamination au Covid-19 ont été rapportés dans plusieurs centres de demandeurs d’asile en Allemagne. Aux dernières nouvelles, le ministère de l’Intérieur fédéral comptabilisait 13 cas confirmés de coronavirus parmi les demandeurs d’asile et une trentaine de cas suspects. "Tous les Etats régionaux ont pris des mesures pour briser la chaîne de contamination dans le centres d’accueil", a assuré le porte parole du ministère.

Avec dpa

Traduction : Marco Wolter 

 

Et aussi