Un migrants dans un nouveau campement à Aubervilliers, en périphérie de Paris, vendredi 14 février. Photo : InfoMigrants
Un migrants dans un nouveau campement à Aubervilliers, en périphérie de Paris, vendredi 14 février. Photo : InfoMigrants

La police a évacué mardi matin les centaines de migrants qui vivaient dans le campement insalubre d'Aubervilliers, au nord de Paris, et les a mis à l'abri dans plusieurs gymnases et hôtels en Ile-de France. Les conditions sanitaires de ce campement faisaient craindre une propagation du coronavirus.

La police a démantelé, mardi 24 mars dans la matinée, un campement à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), en banlieue parisienne, dans lequel se trouvaient plusieurs centaines de migrants.

Dès le petit matin, les occupants de ce lieu insalubre - en grande majorité des hommes seuls - ont été évacués à l'aide de bus affrétés par les autorités, dans lesquels ils sont montés par groupe de 25 personnes afin de respecter les consignes de distance, a constaté sur place Yann Manzi, co-fondateur de l'association Utopia 56, qui précise que des personnes ne résidant pas dans ce campement ont aussi fait partie de cette opération menée par la préfecture de Seine-Saint-Denis.

En tout, 711 hommes seuls, 18 personnes en familles et trois mineurs non accompagnés ont été évacués, a annoncé la préfecture.

"Tout s'est déroulé dans le calme. Les migrants étaient contents d'être évacués", assure Yann Manzi.


Ce démantèlement avait été annoncé il y a quelques jours par le préfet de la région Ile-de-France Michel Cadot, dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus. Dans ce camp, l'hygiène et la promiscuité faisaient polémique en pleine période de confinement, l'ONG Médecins du Monde ayant la semaine dernière dénoncé une situation sanitaire "innommable" dans ce bidonville.

Des personnes ''restées sur le carreau''

Entre 300 et 600 personnes avaient été comptées sur ce campement par l'opérateur de l'État, France terre d'asile, mais il pourrait y avoir "plus" de mises à l'abri mardi matin, avait souligné auprès de l'AFP Anne-Claire Mialot, préfète déléguée à l'égalité des chances, pendant l'opération.

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"Le camp était plein", assure Yann Manzi. "Quand ils ont su que le démantèlement de ce matin allait avoir lieu, certains migrants, qui n'ont pas réussi à s'installer dans le camp par manque de place et qui dorment dans les rues aux alentours, sont venus dans l'espoir d'être mis à l'abri eux aussi. Mais au moins vingt personnes sont restées sur le carreau", ajoute-t-il, assurant qu'Utopia 56 allait continuer les maraudes pour trouver les personnes qui restent encore à la rue.

Les migrants pris en charge ont été emmenés vers plusieurs structures en Ile-de-France, dont deux gymnases à Paris et deux autres à Livry-Gargan et Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ainsi que dans de nombreux hôtels réquisitionnés pour l'occasion. A leur entrée dans les différents lieux, ils ont été examinés médicalement par l'ONG Médecins sans frontières (MSF), pour déceler d'éventuels symptômes du coronavirus.

A sa sortie du campement à Aubervilliers, ''une personne a été directement prise en charge suite à des suspicions de Covid-19, mais nous n'avons pas de confirmation concernant une contamination'', a affirmé mercredi 25 mars Anne-Claire Mialot.

"Des lits picots espacés chacun d'un mètre"

Les autorités assurent respecter au mieux les réglementations sanitaires. En Seine-Saint-Denis, ''les gymnases réquisitionnés sont seulement remplis à moitié'', afin de permettre aux occupants de rester éloignés les uns des autres, assure encore la préfecture concernée. 

Dans un gymnase parisien, situé dans le 19e arrondissement, des lits picots espacés chacun d'un mètre ont été installés, a pu observer Yann Manzi. "Certains gymnases étaient encore en cours d'équipement mardi matin."

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"Nous prenons toutes les précautions", assure la mairie de Paris, qui indique que des distributions de nourriture auront lieu pour que les migrants n'aient pas à mettre le nez dehors. "La procédure veut que, si une personne présente des symptômes du Covid-19, elle soit isolée du reste du groupe. En l'occurrence, elle pourra être placée dans les vestiaires."

 

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