Le poste frontière de Pazarkule à la frontière entre la Turquie et la Grèce, le 2 mars 2020. Crédit : Huseyin Aldemir / Reuters
Le poste frontière de Pazarkule à la frontière entre la Turquie et la Grèce, le 2 mars 2020. Crédit : Huseyin Aldemir / Reuters

Une ONG demande au Conseil d’État grec de reconsidérer le gel de la procédure d'asile en Grèce. Depuis le 1er mars, les migrants ne peuvent plus déposer de dossiers dans ce pays de l'Union européenne. De nombreux demandeurs d'asile entrés en Grèce après cette date sont menacés d'expulsion.

"N'essayez pas d'entrer en Grèce illégalement, nous vous renverrons", avait martelé fin février le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, après la décision d'Ankara d'ouvrir les frontières aux migrants pour passer en Europe. Athènes avait alors pris une ordonnance de suspension de la procédure d’asile à partir du 1er mars, pour une durée de 30 jours.

Trois semaines plus tard, trois femmes accompagnées de leurs enfants “sont menacées d'expulsion immédiate vers Afghanistan ou la Turquie alors que leur vie, leur santé et leurs droits fondamentaux sont en danger", alerte une le conseil grec des réfugiés (GCR), ONG grecque de défense du droit d'asile.

L’organisation a annoncé avoir déposé, lundi 23 mars, un recours devant le Conseil d’État grec contre l’ordonnance du gouvernement, pour le compte de ces demandeurs d'asile qu’elle assiste dans leurs démarches.

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L’ONG exhorte Ekaterini Sakellaropoulou, présidente de la République hellénique, à "annuler cet acte législatif illégal et le Parlement grec à ne pas le ratifier pour que la Grèce ne soit pas le premier pays après la Seconde guerre mondiale à violer le principe international du non refoulement".

D’autres ONG de défense des droits de l’homme, telles qu’Amnesty International, se sont indignées contre cette décision du gouvernement grec. “Cette mesure sera associée au renvoi immédiat sans enregistrement des nouveaux arrivants si le retour dans leur pays d’origine est ‘possible’. On ignore ce que les autorités grecques entendent par ‘possible’ dans ce contexte”, prévient l’ONG.

De nombreux demandeurs d'asile entrés en Grèce après le 1er mars ont été arrêtés et transférés dans des camps fermés, avant leur expulsion prévue en vertu de cette ordonnance.

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