Image d'archives de migrants à Calais. Crédit : Mehdi Chebil
Image d'archives de migrants à Calais. Crédit : Mehdi Chebil

Deux migrants vivant dans les rues de Calais ont été testés positifs au coronavirus, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais mercredi 1er avril. Les malades ont été placés à l'isolement alors qu'une "importante opération de mise à l'abri" devrait intervenir dans les prochains jours.

"Deux cas de Covid-19 ont été identifiés au sein de la population migrante", a déclaré la préfecture du Pas-de-Calais mercredi 1er avril. "Les personnes concernées ont été aussitôt prises en charge dans des appartements dédiés où elles sont suivies et placées à l'isolement", a-t-elle ajouté.

La préfecture a également précisé qu'une "vingtaine de places dites de desserrement pour prendre en charge les personnes migrantes qui seraient infectées, en lien étroit avec la Pass (Permanence d'accès aux soins de santé)" ont été réservées par l'Etat.

Une opération de "mise à l'abri" dans les prochains jours

Depuis le début de la crise sanitaire en France, les associations d'aide aux migrants du nord de la France demandent aux autorités de prendre des mesures pour éviter la propagation du virus dans les camps de migrants de Calais et Grande-Synthe.

Entre 800 et 1 000 personnes se trouvent dans ces camps informels, dont des centaines de mineurs isolés, selon les associations. Les autorités estiment, elles, que le nombre de migrants à la rue avoisine les 650.

La préfecture a finalement annoncé mercredi qu'une "importante opération de mise à l'abri des migrants" devait intervenir dans les prochains jours.

"Plusieurs sites ont été identifiés par le département pour servir de centres d'hébergement : centres de vacances, hôtels libres du fait de la crise sanitaire, équipements sportifs avec hébergement, structures sanitaires disposant de capacités", a encore indiqué la préfecture.

Inquiétude des associations

Cette annonce a été saluée par les associations même si ces dernières s'inquiètent des "modalités de cette évacuation et de l'hébergement déployé", peut-on lire dans une lettre ouverte envoyée jeudi 2 avril aux préfets du Nord et du Pas-de-Calais.

Elles demandent également une information "fiable", "complète" et "dans une langue comprise par les personnes exilées en amont de l'évacuation" et des départs "basés sur le volontariat et non sur la contrainte".

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En effet, beaucoup de migrants présents à Calais et Grande-Synthe redoutent un enfermement dans des conditions incertaines et un éloignement de la ville, alors qu'ils souhaitent pour la majorité rejoindre l'Angleterre depuis les côtes françaises.

"Si on nous amène dans ces centres, on ne sait pas ce qu'il nous arrivera. Je m'enfuirai et je continuerai à essayer de grimper dans un camion pour rejoindre le Royaume-Uni", a déclaré il y a quelques jours un Soudanais de 16 ans au quotidien britannique The Guardian.

 

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