Une clinique mobile de MSF. Crédit : InfoMigrants
Une clinique mobile de MSF. Crédit : InfoMigrants

En période de crise sanitaire, les personnes qui vivent à la rue et ne peuvent donc pas se confiner apparaissent en première ligne face au coronavirus. Une situation dans laquelle l'accès aux soins est primordial. InfoMigrants fait le point sur les structures disponibles dans la région de Paris et à Calais.

Pour les personnes à la rue, avoir accès à des soins médicaux est, en temps normal, difficile. La crise sanitaire causée par le Covid-19 complique encore plus les choses étant donné que de nombreuses associations d'aide aux sans abris ont dû réduire leurs effectifs. Néanmoins, plusieurs options existent pour se faire soigner, ou tout du moins être examiné - pour des symptômes du coronavirus ou autres - notamment dans les environs de Paris et de Calais, les populations de personnes migrantes à la rue sont les plus nombreuses.

  • Les Pass

Dispositif connu, les permanences d'accès aux soins de santé (Pass), ces services à destination des personnes en situation de précarité, restent accessibles au sein des hôpitaux. Avec parfois quelques modifications, au cas par cas : "Il peut y avoir des restrictions en raison d'une réduction d'effectifs, et certaines Pass peuvent fermer selon les jours", explique Corinne Torre, coordinatrice de Médecins sans frontières (MSF).

À Calais, la Pass de l'hôpital de la ville, située à l'extérieur de l'établissement dans un bâtiment en préfabriqué, est, elle, constamment ouverte.

  • Les cliniques mobiles à Paris

Les cliniques mobiles offrent la possibilité aux personnes sans-abri de recevoir une auscultation de la part de professionnels de santé ainsi que des informations sur leur éventuelle prise en charge médicale. Les personnes qui présentent des symptômes du Covid-19 ou toute autre pathologie (problèmes dermatologiques, cas de gale, plaies, infections respiratoires…) peuvent se rapprocher de ce dispositif.

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À Paris intra muros, une clinique mobile de MSF est présente du lundi au vendredi, entre 10h et 16h, à proximité des lieux de distribution de nourriture. "Les lieux changent tous les jours. Aujourd'hui, nous étions au Carreau du Temple, dans le 3e arrondissement, hier nous étions avec la Chorba [une association qui organise des distributions dans le 19e arrondissement, NDLR]", précise Corinne Torre, jeudi 2 avril. L'organisation est en train de réfléchir à un moyen d'annoncer en amont, via notamment les réseaux sociaux, les prochaines positions géographiques de la clinique.

Deux équipes mobiles de MSF assurent également une intervention d'urgence du lundi au samedi dans les centres d'hébergement - gymnases et hôtels à Paris et en proche banlieue - ou ont été envoyés les migrants suite à l'évacuation du campement d'Aubervilliers, le 24 mars. "Nous intervenons sur appels téléphoniques des hébergeurs", indique encore Corinne Torre.

Une clinique de Médecins du Monde effectue pour sa part des maraudes dans le nord-est de Paris ainsi que dans des squats d'Ile-de-France ''en fonction des urgences signalées''.

Conséquence de la crise sanitaire, plusieurs organisations, telles que la Croix-Rouge et le Samu social, ont, elles, dû arrêter temporairement leurs cliniques mobiles à Paris.

  • À Paris et dans sa région, les ''centres Covid''

À Paris, deux "centres d’hébergement spécialisés" ont été ouverts afin de "permettre l'isolement sanitaire des personnes touchées par le Covid-19 mais qui n'ont pas besoin d'être hospitalisées", affirme la mairie. Il s'agit du centre Ney, situé dans le 18e arrondissement, qui accueille les hommes isolés, et du centre la Rochefoucauld, situé dans le 14e arrondissement, dédié aux familles et aux femmes isolées.

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Par ailleurs, "trois autres centres médico-sociaux, situés à Belleville dans le 20e arrondissement, à Boursault dans le 17e arrondissement et à Ridder dans le 14e arrondissement, sont dédiés aux personnes suspectées d'être touchées par le Covid-19", affirme encore la Ville.

À partir de lundi prochain, MSF sera pour sa part présent en continu dans un "centre Covid" à Châtenay-Malabry, en banlieue parisienne, pour "des cas positifs qui ne nécessitent pas d'hospitalisation en soins intensifs".

  • Des "maraudes sanitaires" à Calais

À Calais, où deux premiers cas de contamination au coronavirus ont été détectés parmi la population migrante qui vit dans quatre campements, des "maraudes sanitaires" ont été mises en place grâce à une coordination entre la Croix-Rouge française, l'Agence régionale de santé (ARS), la Pass de l'hôpital et Médecins du Monde.

Deux fois par semaine, les lundi et mercredi, entre 13h30 et 15h30 environ, une équipe de Médecins du Monde intervient sur la zone d'activité des Dunes, proche du plus gros des campements de Calais. La Croix-Rouge prend le relais, les vendredis après-midi aux même horaires.

"Notre objectif est d'informer les exilés, de repérer les problématiques de soin , de détecter les cas suspects de Covid-19 mais pas uniquement", explique Aurélie Denoual, coordinatrice du programme nord littoral pour Médecins du Monde.

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En cas de suspicion de Covid-19, les équipes de cette maraude sanitaire peuvent envoyer le patient vers la protection civile, située dans un hangar à proximité, rue des Huttes, qui pourra ensuite organiser un transport vers la Pass. En cas de besoin de soins hors suspicion de Covid-19, le patient devra se rendre par ses propres moyens à la Pass, via un bus gratuit, les associations n'assurant plus leur transport en raison de la crise sanitaire.

"La majorité de nos bénévoles ont plus de 60 ans donc nous avons dû suivre les directives qui préconisent aux personnes de cet âge-là de se retirer du terrain, cela a représenté une diminution très importante de nos ressources humaines", détaille Aurélie Denoual.

  • Les urgences

Les services d'urgences dans les hôpitaux restent accessibles aux personnes à la rue, bien que l'attente y soit longue.

 

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