Plus de 1 600 personnes vivent dans le camp de Malakasa, selon l'OIM. Un premier cas de Covid-19 y a été confirmé, ont annoncé dimanche 5 avril les autorités grecques. Crédit : InfoMigrants.
Plus de 1 600 personnes vivent dans le camp de Malakasa, selon l'OIM. Un premier cas de Covid-19 y a été confirmé, ont annoncé dimanche 5 avril les autorités grecques. Crédit : InfoMigrants.

Le camp de Malakasa, situé à 38 kilomètres au nord-est d’Athènes, a été placé en “confinement sanitaire total” pour 14 jours après qu’un cas de coronavirus y a été détecté. Les autorités grecques et l’OIM doivent assurer l’approvisionnement des résidents en nourriture et produits d’hygiène. Des tests sont également effectués.

Plus personne n’entre ni ne sort du camp de Malakasa, en Grèce. Installé près d’un terrain militaire, à quelque 38 kilomètres au nord-est d’Athènes, ce camp – normalement ouvert – a été placé dimanche 5 avril en "confinement sanitaire total" pour 14 jours.

Un migrant afghan y a été testé positif au Covid-19, a annoncé le ministère des Migrations. Cet homme de 53 ans, souffrant déjà d'une maladie, s'est présenté de lui-même au dispensaire du camp après avoir ressenti des symptômes du Covid-19.

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Il a été emmené dans un hôpital d'Athènes où il a été testé positif au nouveau coronavirus. Sa famille a été placée à l'isolement et un examen complet du camp est en cours, a ajouté le ministère.

Interrogée par InfoMigrants, Christine Nikilaidou, responsable des informations publiques de l’Organisation internationale des migrations (OIM) – qui gère le camp – confirme que les résidents sont soumis à des tests. Si elle affirme ne pas savoir exactement combien de tests ont déjà été effectués, elle avance que l’entourage proche de l’Afghan malade a été testé en priorité.

"'L'impression d'être abandonnés"

L’immense majorité des 1 611 personnes qui vivent dans le camp de Malakasa est originaire d’Afghanistan. En temps normal, les allées de graviers du camp grouillent d’enfants qui courent. Mais, ces jours-ci, le camp semble désert. La pluie tombe en permanence et l’OIM incite les familles à rester à l’intérieur de leur conteneur.

Dans ces petits bâtiments posés sur le sol, les familles disposent de l’eau courante et de l’électricité mais les murs sont tachés d’humidité et le manque d’espace est criant.

Souad (le prénom a été changé) vit avec son mari et ses enfants dans l'un de ces conteneurs. Dimanche matin, elle a été réveillée par le bruit des haut-parleurs. "Je me suis approchée de la fenêtre et j'ai vu des voitures de police qui circulaient dans le camp en annonçant que la quarantaine nous avait été imposée et que nous ne pouvions plus sortir", raconte-t-elle à InfoMigrants.

La mère de famille, originaire d'un pays du Moyen-Orient qu'elle préfère ne pas préciser, assure que les résidents du camp manque d'informations sur la situation. "Nous sommes complètement isolés et personne ne nous a dit quoi faire, nous avons l'impression d'être complètement abandonnés. Mon mari a des problèmes de santé liés à l'hypertension artérielle et au diabète, et nous n'avons pas assez de médicaments", s'inquiète-t-elle.

Distribution de nourriture et kits d’hygiène

Jusqu’à la fermeture du camp, les résidents pouvaient aller faire leurs courses dans les commerces de Malakasa ou à Athènes. Toute sortie étant désormais interdite, l’OIM assure se coordonner avec les autorités grecques pour permettre des distributions de nourriture et de kits d’hygiène aux résidents du camp.

"Ces distributions commenceront dans quelques jours. Les kits sont prêts mais nous attendons de recevoir les résultats des tests déjà effectués. Nous savons que, pour le moment, tout le monde a des provisions et personne ne manque de nourriture", affirme Christine Nikilaidou.

La famille de Souad a effectivement assez de nourriture pour tenir quelques jours, mais sa plus grande préoccupation est d'obtenir des médicaments et du matériel de protection. "Ils ne nous laissent pas sortir et ils ne nous fournissent pas ce dont nous avons besoin pour nous protéger du Covid-19. Tout ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont donné à chaque famille une bouteille qui contenait un liquide nettoyant, c'est tout ce que j'ai avec mon mari et mes trois enfants pour faire face au virus", déplore Souad.

Le camp de Malakasa est le deuxième camp de migrant en Grèce à être placé en quarantaine en raison du coronavirus. Un foyer d'infection avait déjà été repéré jeudi dans le camp de Ritsona, à 80 km au nord d'Athènes, où 23 personnes ont jusqu'à présent été testées positives.

Comme de nombreux autres pays européens, la Grèce a imposé à sa population des mesures de confinement depuis le 23 mars. Les autorités grecques ont annoncé samedi qu’elles seraient étendues pour trois semaines, jusqu'au 27 avril.

 

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