L'Alan Kurdi a porté secours à 150 migrants lors de deux opérations de sauvetage au large de la Libye, lundi 6 avril. Crédit : Sea-Eye
L'Alan Kurdi a porté secours à 150 migrants lors de deux opérations de sauvetage au large de la Libye, lundi 6 avril. Crédit : Sea-Eye

L'Alan Kurdi a porté secours à 150 migrants lors de deux opérations de sauvetage au large de la Libye, lundi 6 avril. Le navire humanitaire est désormais à la recherche d'un port sûr pour débarquer les rescapés.

Premier sauvetage au large de la Libye depuis un mois et le début de la propagation du coronavirus en Europe. L'Alan Kurdi, seul navire humanitaire en mer Méditerranée a porté assistance à 150 migrants lors de deux opérations de sauvetage lundi 6 avril.

La première, qui a eu lieu dans la matinée, a permis de secourir 68 personnes, dont 20 mineurs, "sans gilet de sauvetage" qui se trouvaient à "bord d'un bateau en bois", précise dans un communiqué l'ONG allemande Sea-Eye, qui affrète le navire humanitaire.

Altercation avec les Libyens

Lors de cette opération, un bateau battant pavillon libyen s'est approché et a tiré des coups de feu qui "ont conduit à une escalade de la situation menaçant le pronostic vital" des rescapés, signale l'ONG. La moitié des migrants ont alors sauté dans l'eau et "tenté d'atteindre l'Alan Kurdi par leurs propres moyens".

"Avec leur comportement, les Libyens ont risqué (de provoquer) la noyade de nombreuses personnes. Alors que les Etats membres de l'UE donnent de l'argent aux (...) garde-côtes libyens, notre équipage est encore gêné et menacé tout en sauvant des vies", a déclaré le président de Sea-Eye, Gordon Isler.

Tous les migrants, originaires du Bangladesh, de Syrie, du Tchad et du Soudan, ont finalement été pris en charge par les humanitaires. Certains étaient "en état de choc ou d'hypothermie et reçoivent donc des soins médicaux", écrit encore l'ONG allemande.

Environ 80 autres migrants actuellement en détresse en mer

Quelques heures plus tard, l'Alan Kurdi a secouru 82 autres personnes, dont une femme enceinte, également en détresse en pleine mer dans un bateau en bois. Selon Sea-Eye, ces migrants auraient pu être secourus plus tôt par un pétrolier italien présent dans la zone. Mais le navire Asso Ventinove "a refusé" arguant qu'il "devait rester sur place afin de pouvoir aider les plateformes pétrolières à proximité, en cas d'accident".

Avec 150 migrants à son bord, l'Alan Kurdi est à la recherche d'un port sûr. Mais l'Italie et Malte ont déjà fait savoir qu'ils refuseraient le débarquement sur leur sol de ces migrants "même si (leur) répartition" est organisée par les Etats membres, en raison "des urgences de santé publique dans leur pays".

Par ailleurs, la plateforme d'aide aux migrants en mer, Alarm Phone a annoncé qu'environ 80 migrants se trouvaient actuellement en difficulté dans les eaux maltaises. Partie dimanche soir des côtes libyennes, l'embarcation est à court de carburant. "Ils essaient de ramer mais ne bouge pas beaucoup", écrivait lundi soir Alarm Phone sur Twitter.

La plateforme "appelle les autorités européennes à cesser de retarder le sauvetage et à respecter le droit international ainsi que les droits de l'Homme".

 

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